Les créanciers seniors des banques systémiques dans le viseur de Bruxelles
Les services de Michel Barnier s’apprêtent à jeter un peu d’huile sur un sujet brûlant. La Commission européenne doit proposer aujourd’hui pour consultation une série de mesures régissant la participation des créanciers obligataires en cas de restructuration d’un établissement dit d’importance systémique (SIFI). Et Bruxelles compte bien jeter un pavé dans la mare en appelant l’ensemble des créanciers à mettre la main à la poche.
Selon ce document relayé par Bloomberg et Reuters, le plan d’action européen se veut progressif, avec la mise à contribution des actionnaires et des porteurs de dette subordonnée dans un premier temps, puis celle des créanciers seniors. Bruxelles confierait aux régulateurs nationaux un «pouvoir statutaire» leur permettant ainsi «de déprécier de la dette subordonnée ou de la convertir en créance résiduelle», voire d’imposer des pertes aux porteurs seniors «pour un montant discrétionnaire».
Dans tous les cas, ces dépréciations ne s’appliqueraient qu’à de la dette nouvellement émise, assortie d’une clause reconnaissant ce pouvoir statutaire, ou à des contrats existants prorogés. Les créanciers commerciaux (contreparties swaps, repo et dérivés), la dette sécurisée ou d’une maturité inférieure à neuf mois et les dépôts ne seraient pas concernés par un tel schéma.
En faisant cette communication, la Commission entend bien faire saisir à la totalité des créanciers obligataires les conséquences de la restructuration d’une SIFI. Et cela bien que jusqu’à présent, les porteurs de dette senior n’aient pas été sollicités (sauf chez Lehman et en Islande), les Etats accourant bien avant la mise en œuvre d’un processus de résolution.
Sur la question des émissions de capital contingent, Bruxelles marche sur des œufs, à l’image des régulateurs français. «(…) Tandis que les formes de capital contingent et de dette bail-in peuvent en théorie être complémentaires, il apparaît peu probable qu’il soit souhaitable ou faisable de les faire coexister en pratique», avance la Commission. Et d’estimer que «la prolifération d’instruments avec des seuils de déclenchement pourrait affaiblir l’efficacité d’un dispositif de dépréciation mis au point pour résoudre les crises». Une proposition législative sur le sujet devrait intervenir d’ici l’été prochain.
Plus d'articles du même thème
-
Le spectre d’un pétrole cher pour longtemps prend de l’épaisseur
Le cours de l’or noir est repassé au-dessus de 100 dollars le baril mercredi après de nouvelles attaques au Moyen-Orient. Les analystes relèvent leurs prévisions à court mais aussi à moyen termes. -
Les actionnaires d’Intesa Sanpaolo questionnent l’offre sur MPS
En amont de l’assemblée générale du 10 septembre, plusieurs actionnaires d’Intesa Sanpaolo ont demandé des éclaircissements sur les conséquences de l’OPA sur Monte dei Paschi. Parmi leurs interrogations : le prix de l’offre, le contrôle de Generali, l’emploi, les synergies et les dividendes. -
Le coût du financement des entreprises a subi un coup de chaud estival
La Banque de France relève un taux des nouveaux financements en juillet de 3,76%, en hausse de 12 points de base par rapport à juin.
ETF à la Une
Amundi dévoile un ETF conçu pour Zenkyoren
- Le potentiel de progression des marchés actions se réduit à peau de chagrin
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- La Banque Delubac, toujours en pertes, cherche du capital
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Plus que la demande, la distribution entrave le développement de l’épargne retraite
Contenu de nos partenaires
-
Affaire des assistants du MoDem : pourquoi François Bayrou est rejugé en appel
10 ans après le début de l’affaire et près de 3 ans après sa relaxe en première instance, François Bayrou est présenté ce mercredi devant la cour d’appel de Paris. Avec d’autres cadres du MoDem, il devra durant un mois de procès se défendre d’avoir créé un « système » de détournement de fonds européens. -
Conflit d'objectifsLevée de boucliers contre l’interdiction de la publicité pour les carburants
La grande distribution, E. Leclerc en tête, et les médias de radio et télévision invoquent notamment l’information des consommateurs -
A la peineLes Australiens inquiets pour les sous-marins promis par les Etats-Unis
Une enquête publique est actuellement en cours en Australie, sur la fourniture de sous-marins nucléaires américains dans le cadre de l’Aukus, le pacte de sécurité conclu en 2021 avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni. En signant ce pacte, Canberra avait annulé un contrat avec la France prévoyant la livraison de 12 sous-marins.