Les créanciers obligataires sont exposés à la réforme des bonus dans les BFI
Si elle a permis de décorréler les bonus versés au sein des grandes banques d’investissement des prises de risque excessives, la réforme des politiques de rémunération n’a pas entièrement traité le problème, estime un rapport publié hier par Moody’s. L’agence de notation souligne que de nombreux établissements ont des périodes de performance, d’acquisition et de report trop courtes pour couvrir les risques de long terme.
Les banques américaines affichent ainsi des périodes de trois ans, alors que les risques tels que les pénalités juridiques et les litiges peuvent courir sur un cycle de 7 à 10 ans. Sous la pression du régulateur, les banques européennes ont en revanche instauré des périodes de report de 4 à 5 ans, voire jusqu'à 7 ans dans le cas des institutions britanniques si les nouvelles règles sont pleinement appliquées. La directive européenne CRD4 plafonne par ailleurs la rémunération variable des preneurs de risque à 100% de la rémunération fixe totale (salaire) ou à 200% en cas de feu vert des actionnaires.
Moody’s note par ailleurs que l’influence plus forte des actionnaires sur les pratiques de rémunération, par le biais du say on pay, pourrait avoir des conséquences de crédit négatives. «L’attribution aux actionnaires d’un levier plus important sur les plans de rémunération pourrait avoir des implications négatives pour les créanciers obligataires si, par exemple, les actionnaires poussent les sociétés à adopter des politiques plus agressives fortement focalisées sur des indicateurs de bénéfice par action ou de rendement pour les actionnaires avec une prise en compte limitée du risque», précise le rapport.
C’est donc une approche du risque divergente entre actionnaires et créanciers qui risque de poser problème. Les actionnaires peuvent en effet être disposés à «tolérer un degré de risque incohérent avec la solidité et la sécurité de la banque à long terme», prévient Moody’s. En outre, l’octroi d’une part plus importante en titres, généralement avec des restrictions de durée et de performance, n'élimine pas le danger. Les dirigeants peuvent alors être tentés de maximiser la valeur du cours de Bourse pour leur compte propre mais aussi pour retenir leurs collaborateurs les plus importants.
Plus d'articles du même thème
-
Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
En tenant compte des provisions déjà prises sur ce dossier, la décision du tribunal affectera les comptes trimestriels du réassureur à hauteur de 50 millions d'euros. -
Fygr change de nom et part à la conquête des ETI
La fintech spécialisée dans la gestion de trésorerie devient Okimia. Elle lance deux nouveaux modules autour des paiements et des placements de trésorerie excédentaire. -
BlackRock gère 60 milliards d'euros en France
Cette année, BlackRock célèbre ses vingt ans de présence en France. « Un moment important pour nous », a souligné Estelle Castres, directrice générale de BlackRock France, lors d’une rencontre avec la presse. L’occasion de dresser un bilan.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Prime carburant pour les « grands rouleurs » : plus d'un million de demandes, 670 000 versements déjà effectués
Ouverte le 27 mai sur impots.gouv.fr, la prime de 100 euros destinée aux travailleurs modestes utilisant leur voiture pour aller travailler rencontre un certain succès, mais les deux tiers des éligibles n'ont pas encore franchi le pas -
Grand écartMillions contre milliards : le choc des discours sur l'adaptation de l'hôpital à la chaleur
Confronté à la canicule inédite que traverse le pays, le gouvernement a mis sur la table 100 millions d'euros pour climatiser dès cet été les établissements -
Troisième acteCumul emploi-retraite 2027 : les 5 erreurs à ne pas commettre avant la bascule
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle