Les créanciers de Banco Popular demandent des comptes
La résolution express de Banco Popular le 7 juin ne passe pas auprès des créanciers juniors. Ces derniers, qui ont vu avec les actionnaires la valeur de leurs titres réduite à néant, demandent des comptes sur le processus qui a conduit à transférer en une nuit la banque, pour un euro symbolique, à son concurrent Santander. Plusieurs d’entre eux ont écrit par le biais de leur avocat Quinn Emanuel Uruhart & Sullivan au président de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, Roberto Gualtieri, selon un courrier daté du 10 juillet et révélé par Bloomberg. Soit juste avant l’audition d’Elke König, la présidente du Conseil de résolution unique (CRU), hier.
Parmi ces investisseurs, Pimco, Anchorage Capital, Algebris Investments et Ronit réclament des éclaircissements sur la transparence du processus, les déclarations publiques qui ont précédé la mise en résolution de Banco Popular, et la valorisation indépendante de la banque. « Il existe un certain nombre de sujets sérieux et de questions sur les évènements qui conduit à l’exercice, par le CRU, de ses pouvoirs et à l’adoption du schéma de résolution, et qui méritent l’attention de la commission », indique le courrier.
Une deuxième expertise a posteriori
Les points soulevés ont fait débat dès le 7 juin et la décision qui a conduit à effacer environ 2 milliards d’euros d’obligations tier 1 et tier 2. Certains créanciers reprochent à Elke König d’avoir évoqué les difficultés du prêteur espagnol quelques jours auparavant et d’avoir ainsi précipité sa chute du fait de retrait de liquidité. Des allégations qu’elle a réfutées hier devant les eurodéputés. Les investisseurs veulent aussi des détails sur la valorisation par un expert indépendant des actifs de Banco Popular, qui a conduit à déprécier intégralement les actions et la dette subordonnée. Elke König a précisé hier que le CRU n’avait pas l’intention de publier ce rapport. La procédure européenne de résolution prévoit cependant qu’une deuxième expertise soit réalisée a posteriori.
Pimco détenait environ 240 millions d’euros d’obligations subordonnées Banco Popular à fin mars. Le fonds américain Anchorage aurait perdu, lui, l’équivalent de 140 millions de dollars, selon Bloomberg.
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