Les créances douteuses mobilisent les banques espagnoles
La publication des comptes des principales banques espagnoles au troisième trimestre a confirmé la place que les créances douteuses continuent à occuper. BBVA a publié vendredi un bénéfice net de 195 millions d’euros – certes en hausse de près de 34% par rapport au troisième trimestre 2012, mais très inférieur aux 614 millions prévus par le consensus des analystes recueilli par Bloomberg.
Et pour cause: la deuxième banque espagnole a dû reclasser en créances douteuses et litigieuses (CDL) un portefeuille de prêts refinancés de 3,86 milliards d’euros. Cette action l’a conduite à passer une provision de 600 millions d’euros dans ses comptes et à supprimer son dividende de janvier. Le taux de CDL a continué à progresser au cours du trimestre, passant de 5,5% au 30 juin à 6,7% au 30 septembre.
Les difficultés de BBVA sont liées à la situation en Espagne. Les marchés émergents (Mexique, Amérique du Sud, Turquie et Asie) constituent encore un relais de croissance. Ils représentent désormais 58% de ses revenus bruts (+11 points de pourcentage en un an), alors que celle des marchés développés recule de 5,3 points.
A contrario, son rival Santander a vu son bénéfice net bondir à 1,06 milliard d’euros (un montant conforme au consensus), contre un petit 122 millions un an plus tôt. Il est parvenu à réduire ses provisions sur pertes de crédit de 390 millions d’euros, à 2,6 milliards. En progression, le taux de CDL reste inférieur à celui de BBVA, passant de 5,18% à 5,43%.
En revanche, l’international pèse sur les comptes de Santander, qui a été pénalisé par le ralentissement de la croissance au Brésil. Sa filiale, première contributrice à ses bénéfices, a enregistré un résultat net en baisse de 33% (à 358 millions d’euros).
Le numéro trois Caixabank – qui ne peut se prévaloir de relais de croissance à l’étranger – affiche lui aussi un bénéfice net sept fois supérieur à celui d’il y a un an, mais d’un montant encore modeste (50 millions d’euros). Le résultat net du troisième trimestre 2012 avait été affecté, comme l’ensemble du secteur, par de lourdes provisions imposées par les autorités espagnoles sur son exposition à l’immobilier. Caixabank a profité, comme Santander, d’un recul de ses dépréciations (-27% à 573 millions d’euros), malgré l’intégration des établissements plus fragiles Banco de Valencia et Banca Civica. Le taux de créances douteuses poursuit cependant sa hausse, à 11,4% contre 11,17% un an plus tôt.
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