Les créances douteuses mettent les banques chinoises sous pression
La situation se corse pour les banques chinoises. Alors que les craintes d’un fort ralentissement de l’économie tendent à se matérialiser, les grands établissements domestiques bataillent pour contenir la détérioration sur le front du crédit. Les prêts alloués à tour de bras aux gouvernements locaux et aux industries d’Etat depuis 2007 se heurtent désormais à la dégradation brutale de la conjoncture.
Les créances douteuses ont flambé au premier semestre. ICBC en a comptabilisé pour 39 milliards de yuans de plus en l’espace de six mois. Le ratio de prêts non performants est ainsi passé de 1,13% fin 2014 à 1,4% fin juin. Les principales difficultés ont été constatées dans les régions occidentales, où l’industrie charbonnière est en souffrance, ainsi que dans le delta du Yangzi Jiang et le golfe de Bohai. Le président d’ICBC, Yi Huiman, estime que le prêteur pourrait renoncer à l’objectif de maintenir ce ratio sous la barre de 1,45% cette année.
Une évolution qui grignote les provisions constituées par le chef de file du secteur bancaire chinois. Au premier semestre, elles couvraient 1,63 fois le niveau de ses créances douteuses, contre 2,4 fois un an plus tôt. La mauvaise qualité des portefeuilles de crédit est également sous-jacente à la montée des «prêts à mention spéciale», c’est-à-dire présentant un incident de paiement mais pas encore en situation de défaut. ICBC en dénombrait pour 420,4 milliards de yuans fin juin, soit 3,6% des prêts totaux (contre 2,1% un an auparavant).
La tendance a été similaire pour Agricultural Bank of China, dauphine d’ICBC. Les créances douteuses ont grimpé de 28% au premier semestre, tandis que la marge nette d’intérêt – un indicateur clé de la rentabilité du crédit - a chuté de 15 points de base pour s’établir à 2,78%. Au premier semestre, la profitabilité globale des principaux acteurs a calé. Le bénéfice net n’a progressé que de 0,6% chez ICBC, 0,3% chez AgBank ou encore 1,1% chez Bank of China (contre 11% il y a un an).
L’abaissement par la banque centrale du taux des réserves obligatoires n’a pas relâché la pression. Les actions des principales banques chinoises se négocient aujourd’hui en Bourse en deçà de leur valeur comptable (avec un ratio price-to-book de 0,8 fois pour ICBC et de 0,68 pour Bank of China).
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