Les coûts de restructuration renvoient Deutsche Bank dans le rouge
Les – petits – bénéfices de 2018 (341 millions d’euros) de Deutsche Bank sont largement effacés. En 2019, la première banque allemande est repartie dans le rouge. Sa perte nette atteint 5,26 milliards d’euros. Il s’agit de la quatrième perte en cinq ans pour Deutsche Bank. Depuis 2015, elle a accumulé 13,8 milliards d’euros de pertes nettes.
Ce nouveau dérapage est dû aux coûts du plan de restructuration annoncé en juillet dernier, dont le montant total s’élève à 7,4 milliards d’euros et qui prévoit 18.000 suppressions de postes. Entre les charges dites de transformation et les dépréciations, la facture s’élève à 3 milliards d’euros pour 2019. Ce travail a permis au groupe bancaire allemand d’atteindre son objectif de coûts ajustés hors frais de transformation de 21,5 milliards d’euros en 2019.
En excluant la structure de défaisance qui regroupe les activités et positions à vendre ou à liquider, Deutsche Bank a indiqué avoir dégagé un bénéfice avant impôt de 543 millions d’euros en 2019.
Avec ce nettoyage, le ratio de fonds propres CET1 du groupe s’est stabilisé à 13,6%, un niveau supérieur aux attentes, au 31 décembre 2019. « Avec notre robuste situation de fonds propres [...], nous sommes très confiants dans notre capacité à financer notre transformation avec nos propres ressources et à renouer avec la croissance », a déclaré le président du directoire, Christian Sewing, signalant de nouveau que la banque n’avait pas besoin d’augmenter son capital pour financer sa restructuration.
En milieu de matinée, le cours de l’action Deutsche Bank évoluait en légère hausse, après des débuts dans le rouge.
« Les progrès réalisés en matière de capitaux sont les bienvenus et ont permis de réduire sensiblement le risque d’exécution », apprécie RBC Capital Markets. « Toutefois, l’enjeu reste l’amélioration des rendements, qui pourrait prendre du temps », prévient le courtier.
La santé de Deutsche Bank reste fragile. Le chiffre d’affaires du groupe a plongé de 4% au quatrième trimestre, à 5,3 milliards d’euros, et de 8% sur l’année, à 23,2 milliards d’euros. La banque espère faire remonter ce chiffre à 24,5 milliards d’euros d’ici à 2022. « Nous pensons que le groupe éprouvera des difficultés à atteindre ses objectifs de chiffres d’affaires tels qu’ils ont été définis dans le récent plan stratégique », estiment les analystes de Barclays. Point positif : les revenus des activités obligataires, baromètre important pour la banque, ont augmenté de 31% au quatrième trimestre.
Le conseil de surveillance de la banque a annoncé hier qu’il allait réduire de moitié les bonus versés aux membres de son directoire.
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