Les catastrophes naturelles dominent le premier trimestre des réassureurs
Le séisme au Japon et ses conséquences (tsunami, incidents nucléaires), les inondations et l’ouragan en Australie, ainsi que le tremblement de terre en Nouvelle-Zélande ont nettement affecté les comptes des réassureurs au premier trimestre, un impact toutefois modulé par certains éléments exceptionnels.
Munich Re, leader mondial du secteur et dernier des principaux acteurs à publier ses résultats hier, avait prévenu ses actionnaires en avril que les comptes présenteraient un déficit, en raison précisément de ces catastrophes d’origines naturelles. Le réassureur en chiffre le coût à 2,7 milliards d’euros au premier trimestre.
Munich Re affiche ainsi une perte opérationnelle de 1,35 milliard d’euros, supérieure de 150 millions à la moyenne des estimations des analystes. La perte nette, en revanche, est légèrement inférieure aux anticipations. Car les catastrophes naturelles n’ont pas eu que des effets comptables négatifs: Munich Re a bénéficié d’un gain fiscal de 612 millions d’euros en raison de son déficit. Le groupe affiche un déficit part du groupe de 947 millions, alors que le consensus dépassait le milliard.
Une déduction fiscale ‑ainsi qu’une reprise de provisions‑ a également permis à Hannover Re, le troisième acteur du secteur, d’afficher un bénéfice surprise de 52 millions d’euros. Mais le marché a principalement retenu la baisse de ses prévisions de bénéfices annuels de 150 millions, à 500 millions d’euros.
Pour le français Scor, les catastrophes naturelles représentent 46,3 points de pourcentage de son ratio combiné, qui s’établit à 135,2% ‑soit une charge totale de 367 millions d’euros avant impôt. De son côté, Swiss Re a essuyé une perte nette de 665 millions de dollars, inférieure aux anticipations. L’impact des catastrophes s’est toutefois traduit par une charge avant impôt de 2,3 milliards de dollars.
Les catastrophes naturelles seront un élément déterminant cette année. Les compagnies entendent montrer leur capacité à en compenser les effets par la diversification (revendiquée par Munich Re ou Scor par exemple) et par des hausses de tarifs de réassurance. Le groupe bavarois estime ces hausses à plusieurs points de pourcentage pour 2011. Au premier trimestre, le montant brut de ses primes a progressé de 11,3%, à près de 13 milliards d’euros.
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