Les caisses espagnoles tardent à lever des capitaux privés
Sommées de présenter d’ici aujourd’hui à la Banque d’Espagne leurs plans de recapitalisation, les caisses d’épargne entretiennent encore le flou sur leurs marges de manœuvre. Au dernier pointage de vendredi, elles prévoyaient de recourir au Fonds de recapitalisation du secteur bancaire espagnol, le Frob, pour une poignée de milliards. Les cajas doivent pourtant lever plus de 14 milliards pour respecter le ratio de solvabilité imposé par le régulateur au 30 septembre 2011, soit 10% des actifs pondérés. La Banque d’Espagne statuera avant le 14 avril sur les plans qui lui sont soumis.
Les stratégies envisagées – introductions en Bourse, ou négociations avec des fonds de capital investissement – n’ont pour l’heure guère abouti. Catalunyacaixa, un ensemble de trois caisses qui pointe au cinquième rang du secteur avec 77 milliards d’euros d’actifs, a décidé le 23 mars de recourir intégralement au Frob. Elle lui demandera les 1,7 milliard dont elle a besoin, après avoir déjà reçu 1,25 milliard au moment de l’intégration des trois caisses.
Le numéro quatre, Novacaixagalicia, cherche pour sa part à lever 2,6 milliards de fonds propres, après avoir bénéficié de 1,16 milliard de fonds publics. Conseillée par UBS, et «après quatre semaines intenses de négociations», la caisse entend toujours lever des fonds auprès d’investisseurs privés «en minimisant l’apport du Frob», sans plus de précisions. Elle pense aussi dégager entre 650 millions et un milliard d’euros de capital grâce à des cessions. Selon les hypothèses, l’apport résiduel du Frob oscillerait entre 500 millions et 2 milliards.
D’autres groupements de caisses tâtonnent. Banco Base, en quête de 1,4 milliard, aurait renoncé à son IPO faute d’obtenir une valorisation acceptable. Plus gênant, ses membres se divisent sur la marche à suivre : Cajastur préfère en appeler au Frob alors que Caja Mediterraneo (CAM) plaide pour la Bourse, et la première juge que la seconde surestime la valeur de ses actifs immobiliers. Pour régler le problème, la Banque d’Espagne aurait proposé à La Caixa de reprendre CAM, selon El Pais du 25 mars.La recapitalisation des cajas par des fonds privés achoppe sur la nature réelle de leurs besoins. Les 14 milliards d’euros annoncés par la Banque d’Espagne sont très loin des estimations des analystes, qui avancent des besoins de 50 à 80 milliards d’euros en moyenne pour l’ensemble du secteur bancaire.
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