Les bonus de J.-L. Bonnafé et F. Oudéa ont reculé en 2017
Les dirigeants de BNP Paribas et de la Société Générale ont toutefois touché une rémunération effective en nette hausse, avec les primes différées.
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Amélie Laurin
Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas, et Frédéric Oudéa, son homologue à la Société Générale, ont fait profil bas l’an dernier. La baisse des profits de leurs groupes respectifs, marquée à la Société Générale; et la réduction de voilure de leurs réseaux de détail en France ont pesé sur leur rémunération, en recul en 2017. En tout cas sur le papier. Leur salaire fixe est resté stable mais leur prime variable «attribuée» au titre de l’exercice a diminué, révèlent les documents de référence publiés la semaine dernière. Jean-Laurent Bonnafé s’est vu attribuer au total 3,6 millions d’euros, soit 9,2% de moins qu’en 2016, tandis que le «package» de Frédéric Oudéa a atteint 2,6 millions d’euros (-5,3%). Le paiement d’une partie de ces enveloppes est différé sur plusieurs années.
Chez BNP Paribas, le bonus de Jean-Laurent-Bonnafé a diminué de 4,44% au titre de 2017, à 1,58 million d’euros, mais le dirigeant pâtit surtout de la baisse de son «plan de rémunération long terme » (PRLT), passé de 776.000 à 479.000 d’euros. Cet outil destiné aux mandataires sociaux a été modifié en 2016 pour «prendre en compte plus distinctement la surperformance potentielle de l’action BNP Paribas par rapport à ses pairs européens et sa performance intrinsèque». Ce changement limitera peut-être les grands écarts d’une année à l’autre. En 2017, la rémunération totale réellement «versée» (et non «attribuée») à Jean-Laurent Bonnafé a bondi de 30%, à 4,45 millions d’euros, grâce au paiement d’une prime pluriannuelle de 1,35 million d’euros… contre 0 euro en 2016. La différence est liée à l’application du PRLT. En 2016, elle dépendait des conditions du plan de 2011 qui n’ont pas été atteintes, en raison de la contre-performance des banques françaises cette année-là. A l’inverse, l’application du plan de 2012 a permis l’an dernier la distribution de «117% du montant attribué» à l'époque.
A la Société Générale, la baisse de la rémunération attribuée à Frédéric Oudéa est liée au recul de 10% de sa prime variable, à 1,3 million d’euros. Le patron n’a en effet atteint que «74,4%» de ses objectifs annuels, précise le document de référence. Son salaire total (fixe et bonus) de 2,6 millions grimpe toutefois à 3,46 millions en y ajoutant le plan d’intéressent de long terme des mandataires sociaux (en actions et options), stable à 850.000 euros. Du côté des sommes réellement versées, Frédéric Oudéa profite lui aussi d’une hausse de sa rémunération. Elle a atteint 2,85 millions d’euros (+18%), grâce au bond de 55% du bonus différé annuel, à 1,26 million d’euros.
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