Les banquiers londoniens vivent un âge d’or en termes de rémunération
L’Autorité bancaire européenne (EBA) a publié hier un rapport préliminaire riche d’enseignements concernant les rémunérations au sein des banques. Alors qu’en effet la réglementation européenne encadrera drastiquement ces rémunérations dès l’an prochain, le document met en lumière pour sa première édition les pratiques au sein de chaque pays de façon agrégée en dévoilant le nombre d’individus bénéficiant pour 2010 et 2011 d’une rémunération totale supérieure à un million d’euros. L’EBA promet pour la fin de l’année une analyse plus complète.
L’élément le plus marquant, sans être une surprise, est assurément la domination du Royaume-Uni, qui avec 2.436 banquiers concernés en 2011 totalise plus de millionnaires que l’ensemble des autres membres de l’Union réunis. De quoi sans doute donner des sueurs froides au secteur outre-Manche quant à l’impact des réformes réglementaires menées depuis Bruxelles. Et des séances d’intense réflexion au sein des banques pour aménager le mode de rémunération de leurs salariés vedettes. Parmi ces derniers au Royaume-Uni en 2011, 1.809 travaillaient au sein de la banque d’investissement, contre 182 seulement dans la gestion d’actifs ou 85 dans la banque de détail.
Les salariés des autres pays se partagent littéralement les miettes du festin. Sur la base des éléments transmis par les autorités nationales, l’EBA a mis au jour, pour 2011, 170 rémunérations supérieures au million d’euros en Allemagne, 162 en France, 125 en Espagne, 96 en Italie, 36 aux Pays-Bas. Les heureux banquiers espagnols emportent pourtant la palme de la plus haute rémunération moyenne, à 2,4 millions d’euros, un million de plus que leurs homologues britanniques.
La tendance est à la baisse sur les deux années de l’étude. Pour 2010, 2.525 individus sont pris dans les mailles du filet au Royaume-Uni, pour une rémunération moyenne de 2,3 millions d’euros. En France, le nombre de personnes concernées passe d’une année sur l’autre de 292 à 162, pour un gain moyen de 1,8 à 1,6 million.
Les tableaux de l’EBA détaillent également les parts des rémunérations fixe et variable. Un angle au cœur des réflexions européennes, puisqu’il s’agirait de prévenir la prise de risques excessive en limitant le variable à deux fois le fixe. Le compte n’y est pas encore. En Allemagne, au Royaume-Uni et en France respectivement pour 2011, la part variable représentait 72, 78 et 79% du total perçu.
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