Les banques vont devoir se plier à la gratuité de la mobilité bancaire
La partie semble bel et bien perdue pour les banques. Alors qu’elles voulaient pouvoir facturer librement à leurs clients leur départ vers un autre établissement, les députés ont adopté lundi un amendement du gouvernement imposant la gratuité du service de mobilité bancaire.
Voté en commission spéciale, dans le cadre de l’examen du projet de loi Macron sur la croissance, le texte grave dans le marbre la volonté de Bercy de faciliter le changement de domiciliation bancaire. Il renforce le dispositif voté au Sénat le 12 mai dernier, qui instaurait le principe d’un service de mobilité bancaire automatisé.
Le nouvel amendement prévoit aussi la mise en place d’un mécanisme d’alerte par SMS, email ou autre moyen, si un virement récurrent ou un prélèvement se présente sur l’ancien compte du consommateur, dans un délai de treize mois suivant sa clôture. Le client pourra aussi choisir la date de transfert de son solde vers son nouveau compte. S’il souhaite l’ouvrir dans un autre Etat membre de l’Union européenne, il pourra obtenir un récapitulatif de ses opérations automatiques et récurrentes au cours des treize derniers mois, à défaut de bénéficier du service de mobilité franco-français.
Ces dispositions risquent d’alourdir une procédure déjà jugée lourde par les banques. Selon la Fédération bancaire française, l’automaticité de la mobilité impose «la création d’une infrastructure bancaire spécifique» au coût «non négligeable». Un chantier qui pourrait nécessiter 24 à 36 mois de travail. «Il faut qu’on aille vers une simplification absolue et une gratuité pour le client», avait pourtant averti le ministre des Finances Michel Sapin le mois dernier, en référence aux «obstacles» rencontrés par les ménages.
En France, le taux de mobilité bancaire atteignait seulement 7,6% en 2010 selon le rapport Pauget-Constans. L’UFC-Que Choisir le chiffre même à seulement 3% par an dans une récente étude, soit «trois fois moins que la moyenne européenne, et cinq fois moins que la mobilité française en téléphonie ou en assurance (avant même la loi Hamon)». En outre, les dispositifs d’aide à la mobilité existants restent largement méconnus. Seuls 10,5% à 12% des clients ayant changé d’établissement en 2011-2012 y ont eu recours selon l’association de consommateurs.
Pour améliorer le pouvoir d’achat des ménages, le gouvernement compte aussi lancer, d’ici à la fin de l’année, un comparateur public des tarifs bancaires.
Plus d'articles du même thème
-
Nanobiotix prolonge sa visibilité financière jusqu'en 2029 après son augmentation de capital
La biotech a levé 86 millions d'euros fin mai et disposait d'environ 42 millions d'euros de trésorerie à la fin du premier trimestre. -
Bpifrance rejoint Antin au capital des clubs Belambra
La banque publique investit via ses fonds France Investissement Tourisme 3 et Large Cap pour accompagner la transformation de l’ex-VVF Vacances, détenu depuis 2014 par le groupe Caravelle. -
Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
Si la menace du chinois Comac plane toujours à l'horizon, l'amélioration du rythme de livraisons en fin de trimestre dissipe les doutes du début d'exercice.
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
- Chez Ardian, une succession au long cours qui n’ose pas dire son nom
- Avec BMW, Airbus et EDF, Mistral AI se déploie dans l’ingénierie industrielle
- Le corpus réglementaire de lutte contre le blanchiment change le paradigme des institutions financières
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
Contenu de nos partenaires
-
Donald Trump aimerait « rencontrer » le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei
« Nous allons probablement nous rencontrer », a déclaré Donald Trump à propos de l'ayatollah Mojtaba Khamenei dans une interview au New York Post. Selon Washington, le guide suprême iranien serait « de plus en plus impliqué » dans les décisions de la République islamique -
A l’attaqueLes chinois Anta et Li-Ning prêts à tacler Adidas et Nike
Après avoir consolidé leur place sur leur propre marché, les équipementiers chinois prennent pied aux Etats-Unis -
Les Etats-Unis veulent instaurer de nouveaux droits de douane, au nom de la lutte contre le travail forcé
Désavouée par la justice, l'administration Trump souhaite imposer de nouveaux droits de douane de 10 à 12,5 % à une soixantaine de partenaires commerciaux, dont l'Union européenne. Washington leur reproche de ne pas s'attaquer au problème du travail forcé