Les banques systémiques ont perdu sur le terrain de la dette hybride
Les mastodontes du secteur bancaire peuvent souffler. Dans le document consultatif finalisé ce week-end, les régulateurs réunis à Bâle ont retenu une fourchette de 100 à 250 points de base (pb) pour la surcharge systémique qui s’appliquera aux établissements dits d’importance systémique (SIFI) à compter de 2016. On est loin des 300, voire des 700 pb, qui avaient, un temps, été évoqués.
Mais cette relative clémence a un prix. Pour constituer cette surcharge, qui viendra se greffer au ratio de fonds propres durs (common equity tier one, CET1) d’au moins 7%, les SIFI ne pourront recourir à du capital que de la meilleure qualité (actions ordinaires et réserves). La dette hybride, sous la forme d’obligations contingentes convertibles (CoCos), se retrouve donc exclue des outils à la disposition des banques pour se recapitaliser, sauf pour aller au-delà des ratios bâlois. Selon l’Université catholique de Louvain, le marché des CoCos devrait atteindre 150 milliards d’euros sur les cinq prochaines années.
Mediobanca chiffre à 62 milliards d’euros le besoin en capitaux supplémentaires que BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Santander, Credit Suisse, Deutsche Bank et UniCredit, devraient satisfaire dès aujourd’hui. Cheuvreux juge que si BNP Paribas vendait Bancwest et sa part dans Klépierre (51,6%), et achetait le solde de Fortis (25%), la banque française pourrait dégager un gain proche de 140 pb de CET1 en 2013, tout en perdant une contribution marginale aux bénéfices de 84 millions d’euros.
Quant aux banques américaines, Barclays Capital livre la projection suivante. Bank of America et Citigroup étant à un niveau CET1 d’environ 6%, et JPMorgan et Wells Fargo sous la barre des 7%, il leur faudrait 175 milliards de dollars pour atteindre les 9,5% immédiatement. «Nous ne prévoyons pas d’émissions d’actions ordinaires de la part des banques américaines étant donné que les réserves et la ‘mitigation’ devraient permettre de couvrir les exigences accrues en capitaux», tempèrent les analystes de Barclays.
Selon Josef Ackermann, le patron de Deutsche Bank, les SIFI devraient même pouvoir tirer des opportunités de leur statut. Il considère que les établissements identifiés comme tels pourront bénéficier de coûts de refinancement plus faibles. Une analyse que son homologue chez JPMorgan, Jamie Dimon, a formellement réfutée, affirmant que les SIFI ne pouvaient en aucun cas se reposer sur une garantie implicite.
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