Les banques sont condamnées à muer pour assurer leur survie
Les banques européennes et américaines doivent se réformer. C’est ce que suggère la première étude annuelle sur le secteur bancaire réalisée par McKinsey & Company. En 2010, le rendement du capital (RoE), à 9,3% aux Etats-Unis et 9,2% en Europe, reste 1,5 point inférieur au coût du capital, qui a atteint en moyenne 12% l’année dernière, selon le rapport.
Le cabinet de conseil estime que les banques américaines devront faire croître leurs profits de 121 milliards de dollars en 2010 à 312 milliards en 2015 (soit une hausse annuelle de 20%), afin de livrer des retours équivalents au coût actuel du capital. Côté banques européennes, les profits devront passer de 166 à 328 milliards. Ce sont donc 350 milliards de profits supplémentaires qui devront être générés, en plus des 1.500 milliards nécessaires pour couvrir les besoins pour se conformer aux nouvelles réglementations de Bâle 3.
Stefano Visalli, directeur et rédacteur de l’étude, estime que «l’écart sur le RoE est énorme». «Il est plus important que les profits cumulés de toute l’industrie pharmaceutique et automobile réunies» ajoute Stefano Visalli qui préconise une réduction des coûts de 15% à 25% dans les cinq prochaines (soit un rythme de 6% par an), en plus des réformes pour augmenter les revenus.
L’étude met ainsi en exergue les bons résultats en trompe-l’œil réalisés par les banques en 2010, avec un record de 3.800 milliards de dollars de revenus. «Les infortunes des banques internationales sont nettement plus profondes que la crise de la dette souveraine actuelle et pourraient entamer la pérennité du secteur à long terme» indique McKinsey. La faiblesses des valorisations de marché ainsi que les niveaux élevés des spreads de CDS révèlent les faiblesses structurelles des établissements européens et américains et le manque de confiance des investisseurs dans l’attractivité à long terme du secteur.
Les banques devront aussi opérer une mutation géographique de leurs activités. En effet, selon l’étude, les marchés émergents devraient contribuer à hauteur de 60% aux résultats des banques internationales dans les dix prochaines années, contre environ 30% aujourd’hui. L’enjeu est tel que Stefano Visalli prédit que «les acteurs qui ont réussi à repenser et transformer leurs modèles dans les 3 à 5 prochaines années seront certainement les nouveaux leaders».
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