Les banques se livrent une rude concurrence dans les recrutements
Comme chaque année, la Fédération bancaire française (FBF) et l’Association française des banques (AFB) ont fait leurs comptes. Les effectifs de l’ensemble du secteur – regroupant les établissements sous convention collective AFB et les banques mutualistes –, s'élèvent à 362.800 personnes au 31 décembre 2018 (soit 1,9 % de l’emploi salarié privé dans l’Hexagone), accusant une «baisse tendancielle» depuis 2011 inférieure à 1% par an en moyenne (-1% sur l’année écoulée, après -1,2% constaté en 2017 et -0,2% en 2016).
En termes de flux, l’industrie bancaire française a totalisé 42.300 embauches l’an dernier, avec une tendance à la hausse depuis cinq ans, dont plus de la moitié en CDI. Aucune précision n’est toutefois donnée sur les motifs de ces recrutements (remplacements, créations de postes). Mais le secteur a enregistré, dans le même temps, 45.400 départs (CDI et CDD, hors alternants), contre 45.700 en 2017 et 41.900 en 2016.
Radiographiée dans le détail, la seule branche AFB compte, elle, 195.300 salariés (-0,6%, après -1% en 2017). Elle a embauché 19.800 personnes (1.200 de plus qu’en 2017), en CDI dans 69% des cas. Les départs sont, là encore, plus nombreux, grimpant à 20.500, dont 72,3% de CDI (soit 14.800). Les causes ? Bien sûr, les départs à la retraite, qui représentent un quart des sorties et devraient continuer à être conséquents pendant encore deux ou trois ans.
Cependant, la structure des départs des CDI montre qu’ils concernent d’abord la tranche des 30-39 ans (32%). «Le taux de démission est de 3% sur le périmètre AFB (hors ruptures conventionnelles, ndlr), mais cela ne signifie pas que les gens quittent le secteur bancaire», précise Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la FBF et de l’AFB. Et de pointer la concurrence sur le marché de l’emploi et l’impatience des jeunes générations lorsqu’une promotion se fait attendre. «L’enjeu de l’attractivité est très important», concède-t-elle.
Autre point clé de cette enquête emploi AFB : les profils sont de plus en plus qualifiés. 63% des recrutements en CDI se font à Bac+4/5 (+11 points en quatre ans), 32% des embauches s’effectuant au niveau Bac+2/3. Un tiers des recrutements concerne des postes de chargé de clientèle (particuliers, professionnels et entreprises) ; les métiers de l’informatique en captent 16 % (+5 points en deux ans), ce qui démontre que «la banque est un acteur numérique», commente Marie-Anne Barbat-Layani ; et près de 10% sont dévolues aux métiers de la conformité et des risques. Enfin, sept nouvelles recrues sur dix en CDI sont cadres, une sur deux (51%) est une femme (chiffre stable depuis 2016).
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