Les banques se détachent de leur activité de capital-investissement

L’officialisation prochaine de la séparation de Barclays Private Equity de sa maison mère illustre une tendance portée par la réglementation
Antoine Landrot

L’annonce prochaine de la prise d’indépendance de Barclays Private Equity, rebaptisée Equistone Capital Partners, vient confirmer une tendance générale dans les banques: la scission de leurs filiales de capital-investissement (ou private equity).

Cette tendance est soutenue par l’évolution de la réglementation. A la suite de la crise financière, les Etats-Unis ont inséré au sein de la loi Dodd-Frank une disposition particulière (la «règle Volcker»), qui restreint l’exposition des banques au capital-investissement. Sur le plan international, les futures normes Bâle 3 et Solvabilité 2 – qui concernent de fait au premier chef les banques et assureurs européens – pénalisent fortement, en terme de fonds propres, les engagements des institutions financières dans le non-coté.

Les transactions sont multiformes. Elles peuvent consister en une scission pure et simple de l’équipe, qui crée une société de gestion indépendante (même si pour faciliter son démarrage, l’ancien actionnaire fournit souvent une partie importante de sa première levée de fonds). On peut recenser le cas de North Cove Partners, issu de Bank of America Merrill Lynch, en juin dernier. Natixis a également fait de même avec deux de ses filiales, Nixen Partners et Initiative & Finance.

Parfois, le processus est intermédiaire: l’ancienne maison mère prend une participation dans la nouvelle entité. C’est le cas de HSBC, qui est actionnaire de Headland Capital Partners (ex-HSBC Private Equity Asia) à hauteur de 19,9% depuis sa création en novembre 2010.

Autre cas de figure, la vente par la banque de ses participations dans des fonds gérés par des firmes de capital-investissement extérieures. Ces transactions alimentent ce que l’on appelle le marché secondaire du private equity. Axa Private Equity a ainsi acquis en un an des portefeuilles auprès de Bank of America, Natixis, Citigroup et Barclays.

La tendance est loin de s’éteindre. Après avoir cédé deux fonds de fonds à Coller Capital, le Crédit Agricole cherche à céder sa filiale CAPE (L’Agefi du 26 juin). Preqin a recensé 136 sociétés de private equity, appartenant à 39 banques: «Elles ont collecté 264 milliards de dollars de capital pour alimenter 439 fonds. Elles possèdent actuellement environ 50 milliards de dollars prêts à être investis, soit 5,4% des capitaux disponibles dans le monde pour cette activité», précise la société de conseil.

Un évènement L’AGEFI

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