Les banques rejettent les projets du Comité de Bâle sur le risque de taux
Les banques françaises se sont alliées à leurs homologues allemandes, belges et japonaises pour convaincre les régulateurs internationaux de revoir de fond en comble leurs propositions sur le risque de taux, sous peine de déséquilibrer les marchés immobiliers.
En juin, le Comité de Bâle a soumis à consultation des propositions censées garantir que les banques ont assez de capital pour faire face à des variations de taux. Il veut par ailleurs empêcher les banques de faire des «arbitrages réglementaires» entre le portefeuille bancaire (banking book) qui fait l’objet de la consultation et le portefeuille de négociation (trading book).
Dans un courrier envoyé la semaine dernière, soit à la fin de la consultation, la Fédération bancaire française (FBF) assure avec quatre autres associations du secteur que les propositions du Comité de Bâle «contiennent en germe, le risque d’une modification des règles de prêts avec la fin prévisible des offres à taux fixes et, en conséquence, le risque d’un déséquilibre du marché de l’immobilier résidentiel, un élément clé du maintien de la qualité de vie des citoyens».
La FBF et les autres signataires du courrier s’opposent particulièrement à ce qu’en vertu d’une approche «de pilier 1», les régulateurs harmonisent le calcul des exigences en capital liées au risque de taux pour toutes les banques. Aujourd’hui celles-ci peuvent calculer leur risque de taux selon des modèles internes, sous l’œil de leur régulateur. Cette approche dite «de pilier 2», notamment associée aux différences de structures des bilans fait que le montant de capital exigé pour le risque de taux «varie considérablement selon les pays» d’après le Comité de Bâle.
Conscients des différences de modèles économiques, le Comité a proposé en juin, à côté de l’approche «de pilier 1», de créer une approche de «pilier 2 renforcée». Sans convaincre. «Avec des exigences telles que les règles de publication basées sur le modèle standardisé, celui-ci deviendra de facto un seuil de référence et cette approche peut être vue comme un ’pilier 1 déguisé’», écrivent les associations bancaires dans leur courrier. Ces dernières demandent donc au Comité d’adopter «une approche de pilier 2 authentique», avec des règles qui prennent en compte les différents modèles. Elles proposent en revanche de renforcer les contrôles effectués par les superviseurs locaux.
Plus d'articles du même thème
-
Le Sénégal engage la réorganisation de sa dette
Le pays a conclu un accord de financement avec le FMI, lui permettant d’éviter pour l’heure un défaut. Dakar va désormais renégocier sa dette dans le cadre commun du G20. Mais les autorités préfèrent parler de réorganisation de la dette que de restructuration. Les obligations affichent une décote de 50%. -
Les pays en développement ont beaucoup à gagner grâce à l'IA
La Banque mondiale présente dans un rapport une méthode vouée à tirer le meilleur bénéfice de l’intelligence artificielle pour stimuler le développement, tout en échappant aux effets de bord qui restent complexes à éliminer, y compris dans les pays développés. -
Les gérants abordent la rentrée prudemment sur le crédit
Le Panel Crédit de L’Agefi se montre plus mesuré sur l’évolution des spreads, même si la classe d’actifs continue de résister malgré certaines tensions sur les marchés. Le risque est désormais un écartement, notamment du fait d’un primaire très abondant.
ETF à la Une
Goldman Sachs s’apprête à entrer sur le marché européen des ETF à rendement défini
- Banques françaises : ce que le coefficient d'exploitation ne mesure pas
- Le pétrole bondit de plus de 3% après l’attaque américaine contre l’île de Larak
- Swift accorde un répit aux banques sur les adresses structurées
- John Ternus relève le défi de s’imposer à la tête d’Apple
- Astrid Panosyan-Bouvet devient DRH d’Axa
Contenu de nos partenaires
-
Poutine ordonne l'arrêt des frappes sur Kiev pendant trois jours alors que les émissaires de Trump sont à Moscou
Jared Kushner et Steve Witkoff, les deux émissaires de Donald Trump, se trouvent actuellement à Moscou, samedi 5 septembre, où ils doivent rencontrer Vladimir Poutine. Ils seront le lendemain à Kiev, une première pour eux, pour un entretien avec Volodymyr Zelensky. La pause dans les frappes commence dans la nuit de ce samedi à dimanche -
Couteau dans le dosVolkswagen : pourquoi les salariés ont soutenu la suppression de 50 000 postes supplémentaires
Le principal syndicat du groupe automobile estime que l'accord laisse la porte ouverte à une poursuite d'activités ou une reprise des quatre usines menacées outre-Rhin -
La roue tourneDette américaine : le signal du fonds souverain norvégien à Donald Trump
Les investisseurs étrangers invoquent toutes sortes de raisons pour justifier une baisse de leur exposition à la dette publique américaine