Les banques pourraient économiser au moins 2 milliards sur le coût des dépôts BCE
Les premiers calculs sortaient vendredi sur l’impact des nouvelles mesures pour les banques des décisions de la Banque centrale européenne (BCE), notamment de la baisse du taux de dépôt de -0,40% à -0,50% avec un système à deux niveaux («tiering») et de l’amélioration des nouvelles opérations de refinancement à plus long terme ciblées (TLTRO 3).
En exonérant du taux de dépôt la part des réserves excédentaires (1.780 milliards d’euros) dépassant l’équivalent de 6 fois les réserves obligatoires (132 milliards), ce «tiering» devrait permettre aux banques de moins souffrir des taux négatifs : au niveau actuel des réserves excédentaires agrégées, l’avantage net serait d’environ 2 milliards d’euros pour S&P Global Ratings. D’autres parlent de 1 milliard, et Scope Ratings de 4 milliards à terme sur un coût de dépôt de 8,5 en base annuelle sans «tiering», et sans tenir compte de la gestion dynamique. «Le tiering représente un avantage certain pour les banques, et elles vont probablement optimiser cette possibilité, c’est-à-dire déposer tous les jours au moins 6% des dépôts de leurs clients : sur la base d’environ 10.000 milliards de dépôts (et de 1% de réserves obligatoires, ndlr), on se rapprocherait même de 3 milliards d’économies», note Simon Outin, gérant-analyste spécialisé chez Allianz GI. A ce tarif, les banques des pays périphériques habituellement moins riches en cash feront tout pour atteindre le quota de réserves excédentaires «exemptées», quitte à emprunter «court» et à exercer une pression à la hausse (de 5 à 15 pb) sur les taux au jour le jour, selon JPMorgan.
Le TLTRO 3 «devient nettement plus intéressant», selon Simon Outin, car il devrait permettre aux banques d’emprunter à un taux proche de -0,50% sur la période dans la mesure où elles rempliront assez facilement la condition d’augmentation des portefeuilles de crédits. Ces programmes risquent, comme le QE, également de gonfler les réserves supplémentaires globales en dépôt auprès la BCE, mais sans effet de surcoût certain puisque les réserves exonérées augmenteront aussi. Alors que «la BCE ne sera pas en mesure de conduire le taux des dépôts plus loin en négatif» selon AlphaValue, «les banques répercuteront de moins en moins directement sur leurs prêts longs l’effet négatif du QE sur la partie longue de la courbe, poursuit Simon Outin, pour des raisons de rentabilité». Ces mesures pourraient donc aider une reprise du secteur bancaire européen, même si Scope Ratings regrette qu’elles restent à l’avantage des banques du Sud.
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