Les banques perdent une bataille dans le dossier Apollonia
Apollonia continue à alimenter la chronique judiciaire. La Cour de cassation a rendu le 7 juin plusieurs arrêts qu’elle considère «d’une importance particulière» dans ce dossier d’escroquerie immobilière qui implique la plupart des grandes banques françaises, de BNP Paribas au Crédit Mutuel en passant par le Crédit Agricole. Des prêteurs accusés d’avoir financé les yeux fermés les 4.500 logements qu’Apollonia a vendus jusqu’en 2009 à des fins de défiscalisation à des épargnants qui se sont retrouvés surendettés. L’Anvi-Asdevilm, qui représente les investisseurs lésés, évoque un millier de victimes pour un milliard d’euros de préjudice.
La deuxième chambre civile de la Cour de cassation s’est prononcée sur la régularité des actes de prêts passés devant notaire en l’absence de l’emprunteur, lorsque ce dernier avait donné procuration pour la signature. Ces procurations n’étaient pas annexées à l’acte de prêt lui-même. La haute juridiction a jugé «que ces actes étaient affectés d’une irrégularité qui leur faisait perdre leur caractère authentique (…). En l’état de ces arrêts, les mesures conservatoires ou de saisie immobilière engagées par les établissements de crédit sont nulles».
La Cour a rejeté les pourvois du Crédit immobilier de France (CIF), du Crédit Mutuel et de sa filiale Camefi. «Les autres banques ont préféré ne pas se servir des actes notariés dans les procédures», indique Jacques Gobert, l’avocat des investisseurs. Les arrêts du 7 juin vont au-delà du cas Apollonia, l. «Des milliers d’actes notariés qui ne comportent pas en annexe les procurations données par les emprunteurs ne sont pas authentiques, relève Jacques Gobert. Cela pose un problème aux notaires, à leur assureur, et aux banques qui vont faire face à des procédures devant les tribunaux».
L’affaire Apollonia comporte aussi un volet pénal. Il a donné lieu à 35 mises en examen dont 17 cadres bancaires, pour escroquerie en bande organisée, faux et usage de faux ou encore activité bancaire illégale.
Les banques, elles, ont en partie provisionné le risque. Au CIF, par exemple, les 325 millions d’euros de créances douteuses héritées de la prescription Apollonia étaient dépréciées à 37% fin 2011. HSBC France, qui avait accordé 29 millions d’euros de crédits par ce biais, parle dans son rapport annuel de «provisions adéquates» et a tenté de trouver des règlements à l’amiable.
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques espagnoles maintiennent le cap malgré la guerre au Moyen-Orient
La vitalité de l'économie du pays et la diversification des modèles soutiennent la trajectoire des principaux acteurs bancaires. -
Le potentiel de progression des marchés actions est désormais très limité
Les indices européens et américains sont attendus en hausse de 2 % à 3 % en six mois et de 6 % à l'horizon d'un an. Les perspectives sont encore plus réduites pour le Nikkei, qui a pris beaucoup d’avance, avec un gain de 18 % depuis le début de l’année. -
Les investisseurs en crédit se montrent prudents mais confiants
Les sociétés de gestion du panel crédit de L’Agefi restent majoritairement dans la neutralité quant à leur exposition au crédit et aux perspectives à un mois. Une douzaine d’entre elles optent toutefois pour la surpondération sur cette classe d’actifs.
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
1er maiManoeuvres pré-présidentielles : fête du travail, défaite du pouvoir d'achat
Les prétendants à la succession d'Emmanuel Macron se sont appuyé sur le 1er mai pour relancer le débat sur le travail -
Tribune libreTous libéraux ? Les imposteurs du libéralisme depuis Napoléon
Ce n’est pas tant le fait que des personnes qui se croient libérales ne le soient pas qui pose problème ; c’est le fait que l’on brandisse le drapeau libéral pour des raisons de pure tactique politiciennne, comme l’écrivait déjà en son temps Frédéric Bastiat -
EXCLUSIF ImpassibleTotalEnergies : pourquoi l’action résiste aux polémiques
Depuis quatre ans, le groupe a été lié à 150 controverses ESG (environnementales, sociales et de gouvernance) dans trente pays sans que cela n'ait eu d'impact sur le cours de Bourse, analyse la fintech AlphaYoda