Les banques ont des progrès à faire pour faciliter la mobilité des clients
La réunion plénière du Comité consultatif du secteur financier (CCSF), qui s’est tenue hier à Bercy, était particulièrement attendue par ses membres, qui se sont vu remettre le rapport de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) sur la mobilité bancaire, ainsi que le rapport de l’Observatoire des tarifs bancaires. Force est de constater que la hache de guerre entre les banques et les associations de consommateurs n’est pas près d’être enterrée.
Alors que les banques s’étaient engagées à faciliter la mobilité bancaire de leurs clients à compter du 1er novembre 2009, les résultats de l’enquête de l’ACP montre de fortes disparités. Le fait par exemple que 99% des établissements respectent la gratuité de la clôture du compte de dépôt n’émeut pas l’UFC-Que Choisir: «Cet engagement date de 2004, rappelle Maxime Chipoy, chargé de mission banque-assurance à l’association. Tous les critères du rapport ne se valent pas».
Du côté des devoirs de la banque d’accueil, la prise en charge de la collecte des opérations récurrentes auprès de la banque de départ n’est respectée que par 35% des établissements; pire, la demande d’annulation des ordres de virement permanent est appliquée par seulement 28% des enseignes, tandis que 56% des banques facturent des frais en cas de dysfonctionnement. De leur côté, seules 39% des banques de départ remettent un récapitulatif des opérations automatiques et récurrentes dans le délai de cinq jours. Or, ces mesures sont «au cœur du sujet de la mobilité», souligne Maxime Chipoy.
Le rapport sur les tarifs bancaires montre également des écarts sensibles. L’observatoire conclut que les hausses restent limitées. Ces chiffres indiquent une forte chute du tarif des abonnements à la gestion de compte sur internet. En revanche, les services d’opérations quotidiennes, tels les retraits déplacés, sont plus pénalisés. Le prix des cartes augmente aussi.
En préambule, le ministre de l’Economie François Baroin a fixé les objectifs du CCSF pour 2012. Outre un bilan des lois Lagarde sur le crédit à la consommation et sur l’assurance emprunteur, le ministre a annoncé que les comparateurs d’assurances feraient l’objet de travaux spécifiques. Le CCSF se penchera également sur le phénomène de multi-assurance. L’année prochaine devrait enfin voir les résultats du rapport traitant de l’avenir des moyens de paiement.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre -
Etats-Unis : Pete Hegseth dans l’œil du cyclone après la déroute républicaine aux midterms
Artisan de la guerre en Iran, qui a lourdement pesé dans la déroute républicaine aux élections de mi-mandat, Pete Hegseth pourrait faire l’objet d’un vote de mise en accusation dès la semaine prochaine. Donald Trump assure vouloir conserver son chef du Pentagone, mais s’interrogerait en coulisses sur l’opportunité de le remplacer