Les banques italiennes doivent poursuivre le nettoyage de leurs bilans
Dix à quinze milliards d’euros. C’est le déficit en capital que les banques italiennes pourraient encore devoir combler, estime Giovanni Sabatini, le directeur général de l’Association bancaire italienne (ABI), qui reprend à son compte une évaluation de la Banque d’Italie. Une quinzaine d’établissements, dont Unicredit et Intesa Sanpaolo, sont concernés par le passage au crible des banques européenes, prélude à la mise en place d’une supervision unique dans la zone euro. L’exercice, qui comporte trois phases (évaluation prudentielle des risques, revue de la qualité des actifs et tests de résistance), est orchestré par la Banque centrale européenne.
Au terme du processus, «il est possible que les prêteurs, dont le ratio de solvabilité avoisine la barre des 8%, renforcent leur base de capital», explique Giovanni Sabatini, cité par Bloomberg. «Les banques italiennes ont déjà été soumises à une forte pression de la part de la Banque d’Italie pour anticiper les résultats de la revue de la qualité des actifs et prendre de l’avance», ajoute le responsable de l’ABI, qui ne s’attend pas à une vague de fusions-acquisitions dans un avenir proche. Un effort de provisionnement supplémentaire devrait ainsi apparaître dans les comptes du quatrième trimestre.
Sous l’effet d’une longue récession, le ratio de créances douteuses a atteint 9,1% en décembre dernier, soit presque 7 points de pourcentage de plus qu’à la fin de 2008. Les provisions amassées ont entamé la rentabilité du secteur : sur les neuf premiers mois de 2013, elles ont absorbé trois trimestres de rentabilité opérationnelle, a déclaré le gouverneur de la Banque d’Italie, Ignazio Visco, lors du 20e congrès d’Assiom Forex, l’Association des marchés financiers en Italie.
Certains acteurs ont déjà pris ou annoncé des mesures : programmes de réduction de coûts, augmentations de capital (Banco Popolare, MPS, Banco Popolare di Milano) et cessions d’actifs. Une réaction qui a permis au secteur dans son ensemble, malgré la détérioration de la qualité des créances, de consolider son ratio de fonds propres core tier one à 10,6% en septembre dernier. Mais pour Ignazio Visco, «les ratios de couverture et de solvabilité doivent continuer à augmenter ; cela préserve la confiance des investisseurs dans les banques, abaisse les coûts de financement et contribue à garantir un flux adéquat de crédit vers l’activité économique».
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