Les banques implantées en Hongrie peuvent s’attendre à de lourdes pertes
Les banques étrangères découvrent le risque politique hongrois. Un mois après le vote d’une loi qui autorise les Hongrois à rembourser leurs emprunts libellés en devises étrangères à un taux de change de 25% plus avantageux que celui du marché, imposant ainsi des pertes aux prêteurs, Erste Bank est la première à en tirer les conclusions.
La banque autrichienne a annoncé hier une charge de 200 millions d’euros au troisième trimestre destinée à couvrir ces pertes, ainsi qu’une provision de 250 millions pour tenir compte de la dégradation des perspectives dans le pays. Elle a également déprécié de 312 millions les survaleurs liées à l’acquisition de sa filiale locale en 2003. Erste Bank injectera 600 millions d’euros au capital de la structure, qui ne prêtera plus désormais qu’en forint hongrois.
Le groupe en a profité pour passer l’ensemble de ses comptes à la paille de fer. En Roumanie, le rachat de minoritaires force le groupe à passer, là aussi, un amortissement de survaleur, de 672 millions d’euros après impôt, sans effet sur les ratios de solvabilité. Un changement de méthode comptable sur les revenus d’intérêt amputera de 220 millions les fonds propres. La reclassification de son portefeuille de CDS – Erste est vendeuse de protection – lui coûtera 180 millions avant impôt et 310 millions en fonds propres.
Le groupe autrichien s’attend ainsi à perdre entre 920 et 970 millions sur neuf mois, et 700 à 800 millions sur l’année. Il ne versera pas de dividende au titre de 2011 et différera d’un an le remboursement de 1,2 milliard de fonds qu’il doit à l’Etat. Le titre a dévissé de 9,18% hier.
Les analystes attendent désormais des opérations vérité du même ordre que pour les banques présentes en Hongrie, où elles doivent en outre acquitter une taxe bancaire élevée. «Cela accroît la pression sur des établissements comme KBC et UniCredit, qui devront aussi nettoyer leur bilan», indique la recherche de BoA Merrill Lynch. Les autres acteurs locaux sont Raiffeisen, qui va aussi injecter des fonds dans sa filiale, Intesa, et le régional de l’étape, OTP, dont la valeur boursière s’est effondrée de 24% depuis l’anonce du plan. Mi-septembre, les stratégistes de la Société Générale évaluaient à 2 milliards d’euros le coût maximum de cette restructuration de dette pour les banques locales. Quant à Moody’s, elle a menacé de dégrader la semaine dernière plusieurs prêteurs.
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