Les banques implantées en Hongrie circonscrivent le problème des prêts en devises
La bulle du crédit immobilier n’a pas seulement fait des ravages aux Etats-Unis ou en Espagne. Les banques implantées en Hongrie et le gouvernement ont trouvé hier un accord pour circonscrire le problème des emprunts hypothécaires souscrits en devises étrangères, qui empoisonnent le climat politique depuis 2008 et ont rendu des milliers de ménages insolvables. L’accord consiste à fixer jusqu’à fin 2014 les parités de change pour éviter aux emprunteurs de voir leur charge d’intérêt fluctuer. Il pourrait permettre aux prêteurs, pour la plupart étrangers, de limiter leur taux d’encours douteux dans le pays.
Les ménages qui ont souscrit un emprunt immobilier remboursable en franc suisse pourront, s’ils le souhaitent, figer leur taux de change à 180 forints pour un franc. Les parités seront de 250 pour un euro, et de 200 pour 100 yens. La différence avec le taux de change réel sera comptabilisée à part et, si elle est défavorable au débiteur, devra être remboursée seulement à compter de 2015.
De nombreux ménages hongrois, comme dans d’autres pays de l’ex-bloc de l’Est, ont souscrit jusqu’en 2008 des emprunts immobiliers en euros ou en francs. Selon la banque centrale, 63% de l’encours de prêts accordés en Hongrie est libellé en devises étrangères, et 53% en franc suisse. Les emprunteurs pariaient alors sur l’appréciation continue du forint, monnaie dans laquelle ils étaient payés, grâce à l’intégration dans l’Union européenne. Le bel édifice a volé en éclats lors de l’aggravation de la crise financière à l’été 2008. Le franc suisse, qui traitait alors à 140 forints, est reparti à la hausse et valait hier 220 forints. L’euro s’échangeait à 268 forints.
En compensation de leur geste commercial, les banques seront autorisées à mettre en vente certains des biens immobiliers qu’elles ont saisis. Budapest leur a fixé un quota qui augmentera progressivement: 3% du stock au dernier trimestre 2011, et jusqu’à 5% des actifs saisis en 2015. Ceux-ci seront vendus entre 35% et 55% de leur valeur de marché à la date d’octroi du prêt. Un gestionnaire d’actifs national sera chargé de les reprendre et les louera aux débiteurs ayant fait défaut sur leur emprunt.
Outre OTP, de nombreuses banques étrangères sont concernées par ces mesures : les filiales de KBC, Erste, Intesa, Raiffeisen ou UniCredit, notamment. Les banques françaises n’ont jamais pris pied dans la banque de détail en Hongrie.
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