Les banques françaises retrouvent des marges de manœuvre pour se financer
Selon FitchRatings, les établissements bénéficient de bases de dépôts solides, avec des profils de refinancement différents.
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Amélie Laurin
Les banques françaises retrouvent des marges de manœuvre pour se financer. Photo: PHB
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Le retrait des fonds monétaires américains à l’été 2011 avait jeté une lumière crue sur la liquidité des banques françaises. Un an et demi après, grâce à la réduction de leur exposition au dollar, elles affichent «un refinancement sain, car dominé par des dépôts clientèle stables et un recours limité à des sources de financement volatiles », estime Fitch Ratings dans une note publiée aujourd’hui. Pour l’agence, le refinancement a un impact neutre sur la note de viabilité des cinq plus grands établissements. Ils devront toutefois faire la preuve de leur adéquation avec les futurs ratios de liquidité de Bâle 3.
En attendant, les banques françaises ont retrouvé des marges de manœuvre. Leur refinancement dépend pour moins de 3% des LTRO, les prêts de la Banque centrale européenne qu’elles devraient continuer à rembourser cette année (sauf les succursales étrangères, principalement italiennes).
En outre, «elles émettent depuis l’an dernier de la dette non sécurisée à long terme d’une durée moyenne de 6 ans. Elles ont aussi recours à des placements privés et à des émissions à moyen et long terme placées auprès des clients des réseaux : le stock de ces dernières est de 47 milliards d’euros pour BNP Paribas et de 39 milliards pour Crédit Agricole», pointe Alain Branchey, analyste chez Fitch. De quoi, selon lui, relativiser l’impact de la centralisation d’une partie de l’épargne réglementée (Livret A, etc.) à la Caisse des Dépôts.
BNP Paribas, la Société Générale et le groupe Crédit Agricole ont des dépôts clientèle et des ressources stables excédentaires par rapport aux encours clientèle et immobilisations, avec un ratio de 110 % pour la première et 106 % pour les deux autres à fin 2012. Le Crédit Mutuel-CIC et BPCE ne publient pas de telles données, alors qu’ils ont les ratios de prêts sur dépôts élevés, signe d’une dépendance plus forte aux ressources externes. Le Crédit Mutuel a beaucoup progressé en la matière, passant de 166% fin 2008 à 126% fin 2012, tandis que BPCE est encore à 144% selon Fitch, contre 122 à 125% pour les trois autres groupes.
«L’amélioration est faible chez BPCE du fait du poids du Crédit Foncier qui a un modèle de refinancement basé sur les covered bonds (obligations foncières, ndlr)», rappelle Alain Branchey. Le groupe bénéfice toutefois de l’épargne très excédentaire des Caisses d’Epargne.
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