Les banques françaises pourront se renforcer sans appel au marché
Comme pressenti, le besoin de recapitalisation devrait être absorbable pour les établissements français. Evalués par l’Autorité bancaire européenne, BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole, et la Société Générale (qui publieront leurs comptes à partir de la semaine prochaine) cumulent 8,84 milliards d’euros de déficit de fonds propres par rapport à l’objectif de ratio core tier one (CT1) de 9% exigé pour le 30 juin 2012.
Le Crédit Agricole affiche déjà un ratio CT1 de 9,26%, en appliquant aux chiffres du 30 juin dernier la directive européenne sur le capital réglementaire CRD3 et le «coussin de sécurité» sur l’exposition souveraine en zone euro. «Les caisses régionales font de fait office de matelas de sécurité supplémentaire, ce qui est rassurant pour l’actionnaire. Néanmoins je considère que la structure cotée Crédit Agricole SA est très mal capitalisée. Selon mes calculs, elle présenterait un déficit en capital de 5,8 milliards d’euros sous Bâle 2.5», explique Alex Koagne, analyste chez Natixis Securities.
BNP Paribas est en excès après application de la CRD3 (9,04%), mais présente un déficit final de 2,1 milliards (à 8,66%) en raison de ses importants portefeuilles souverains. Cependant, le groupe affiche la plus forte capacité de génération de bénéfices. Le consensus Bloomberg anticipe 3 milliard d’euros de résultat net au second semestre 2011 et 3,9 milliards d’euros au premier semestre 2012.
A l’instar de la banque verte, BPCE (à qui il manque 3,4 milliards) peut bénéficier des émissions de parts sociales auprès de ses deux réseaux. En outre, le rachat sur sa dette hybride décotée, clos hier, lui permettrait déjà de renforcer son capital de 382 millions d’euros, selon nos calculs. La Société Générale, avec un besoin de 3,3 milliards, est réputée plus fragile: «ses capacités bénéficiaires dépendent fortement de ses activités de marché, note un analyste. Elle devra éventuellement compter sur des cessions».
Dans l’ensemble, «les besoins seront probablement réduits dès novembre, la plupart des banques françaises ayant significativement réduit leurs expositions aux dettes d’Europe du Sud entre juin et septembre», notent les analystes de Credit Suisse. Ils estiment que les banques peuvent récupérer dès cette année 6 milliards d’euros en supprimant les dividendes et 2,2 milliards grâce à la suppression des rémunérations variables dans leurs BFI.
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