Les banques françaises doivent repenser le modèle économique du paiement
En proposant mardi d’abaisser de 25% environ les commissions interbancaires de paiement (CIP) liées aux transactions par cartes, les banques françaises ont renoncé à livrer une bataille perdue d’avance. Sous la pression de Bruxelles et des autorités nationales, les commissions facturées aux clients resteront orientées à la baisse dans les années à venir. Au grand dam du GIE Cartes Bancaires, où l’on expliquait hier que «la sécurité des transactions et des clients a un prix, et la rémunération des banques doit être au moins équivalente au coûts de gestion du système». Rapporté au 1,5 milliard d’euros de CIP que les banques se versent entre elles chaque année, le manque à gagner peut être évalué à 375 millions. Ces commissions ne sont pas directement refacturées, mais conditionnent celles que le commerçant négocie avec sa banque.
Le dossier des cartes n’est qu’un élément de l'équation. L’amende de 385 millions d’euros infligée aux banques françaises fin 2010 sur les commissions interbancaires de traitement des chèques montre que le problème est plus vaste. «Le modèle économique des moyens de paiement est assez largement dépassé, souligne Régis Bouyala, associé du cabinet de conseil Eurogroup. La gratuité imposée du chèque en France a conduit à toute une série de facturations assez opaques sur les cartes et les incidents de paiement. La baisse de ces sources de revenus est inéluctable, sous la pression notamment des autorités européennes ».
La diminution, ou le plafonnement, des frais pour incidents de paiement a déjà été engagée l’an dernier, sous l’égide du Comité consultatif pour le secteur financier (CSSF). A l’inverse, on voit mal un gouvernement prendre la responsabilité de mettre fin à la délivrance gratuite des chéquiers, alors que les Français restent les premiers utilisateurs de chèques en Europe, selon un rapport commandé par le CSSF et remis à Bercy le 30 mars.
Pour Régis Bouyala, «les banques doivent éviter de livrer des combats d’arrière-garde et profiter de cette occasion pour réorienter leur modèle. Le paiement peut servir de pivot pour la vente de nouveaux services: des opérateurs non bancaires comme PayPal ou Google l’ont déjà compris». C’est aussi la démarche de Buyster, la solution de paiement sur internet lancée par Orange, SFR et Bouygues Telecom, qui vient d’obtenir son agrément d’établissement de paiement.
Plus d'articles du même thème
-
Casino de Cannes va pouvoir sortir de la cote
L’Autorité des marchés financiers vient d’accorder son feu vert à l’offre publique de retrait de SPD (famille Barrière) sur les actions Société fermière du casino municipal de Cannes (SFCMC). -
L’OCDE milite pour une amélioration des infrastructures détruites lors de catastrophes
Face aux catastrophes naturelles qui détruisent régulièrement les infrastructures, l’OCDE encourage les gouvernements et les acteurs privés à investir dans la reconstruction de façon à renforcer leur qualité et leur résilience. -
Les Etats-Unis présentent un très bon rapport sur l’emploi
Les nouvelles créations d’emplois nettes sont apparues spectaculaires sur un mois, en octobre (+165.000), réduisant aussi le chômage de 4,2% à 4,1%. Mais le marché du travail américain reste assez figé, laissant peu de place à de fortes augmentations sur les salaires. Ce qui ne change pas grand-chose aux prévisions de hausses de taux modérées du côté de la Fed.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
L'heure du choixPrésidentielle : la tentation Christine Lagarde
La présidente de la BCE affirme ne pas vouloir être candidate. Dans les milieux politiques et économiques, certains l'y encouragent pourtant. Elle dispose de quelques semaines pour trancher définitivement -
Radicalement centristesMidterms : chez les démocrates, les socialistes ont fait du bruit, les modérés ont fait la différence
Les candidats du courant socialiste ont fait du bruit tout au long de la campagne des midterms et quadruplé leur nombre au Capitole. Mais, selon notre analyse, la future majorité démocrate à la Chambre sera dominée par l'aile modérée -
A domicileA Hénin-Beaumont, terre RN, la colère sans la rue
Dans le fief du RN, la colère contre la vie chère est partout, sauf dans la rue. Résignation, ressentiment contre ceux qui seraient trop aidés, attente d’une alternance électorale… les frustrations individuelles ne se transforment pas en mobilisation