Les banques françaises devraient se distinguer au troisième trimestre
Relativement épargnées par le Brexit, les banques françaises cotées devraient publier des résultats de bonne facture au titre du troisième trimestre. Elles annonceront des revenus en progression de 3% sur un an et des profits opérationnels en hausse de 15%, pronostiquent ainsi les analystes de Goldman Sachs, soit l’une des performances les plus élevées du secteur.
Les structures cotées des groupes mutualistes pourraient se démarquer. Crédit Agricole SA (CASA) et Natixis pourraient annoncer respectivement un produit net bancaire (PNB) en croissance de 2,2% et 1,7% et un résultat net ajusté (RNA) en amélioration de 15,3% et 23,6%, selon le consensus des analystes sondés par Bloomberg. A l’inverse, BNP Paribas, qui ouvrira le bal des publications demain, verrait son PNB s’éroder de 0,9% à 10,25 milliards d’euros, pour un RNA en recul de 15%. Les revenus de la Société Générale reculeraient de 6% et son RNA de 2,9%.
La banque de La Défense devrait notamment souffrir d’une «base de comparaison défavorable» dans sa banque de détail en France, estime UBS qui table sur un PNB en baisse de 3,5% pour ce pôle. CM-CIC se montre plus sévère en prévoyant un recul de 5,5%. RBC prévoit en revanche -2,5% pour le réseau français de la Société Générale, contre -2,8% chez BNP Paribas. Globalement, «les banques françaises devraient, à des degrés divers, annoncer la poursuite des impacts négatifs liés pour l’essentiel à la poursuite des renégociations de crédits à l’habitat», rappelle Pierre Chedeville, chez CM-CIC. Selon lui, LCL, la filiale de CASA en difficulté ces derniers temps, devrait subir un impact de -300 millions d’euros sur son PNB suite au débouclage «de swaps de macro-couverture adossés à des prêts qui ont fait l’objet de renégociations». «Il s’agit là d’une opération exceptionnelle qui devrait à partir de 2017 lui permettre progressivement d’améliorer ses revenus avec la baisse progressive des renégociations», poursuit l’analyste.
Ce contexte morose, lié à la faiblesse des taux d’intérêt, pourrait être en partie contrebalancé par la performance d’autres métiers. «La diversification des bénéfices soutient un momentum plus élevé que la moyenne pour les profits des banques françaises», jugeait Credit Suisse le mois dernier. La Société Générale pourrait confirmer sa tendance positive du deuxième trimestre en Europe de l’Est, particulièrement en Roumanie, et quasiment équilibrer ses comptes en Russie, estime UBS. A l’inverse, BNP Paribas commence tout juste une lourde restructuration de BNL en Italie.
Dans le sillage des banques américaines, les banques de financement et d’investissement (BFI) françaises devraient profiter du rebond des activités de fixed income (taux, change et matières premières), liée à la volatilité autour du vote en faveur du Brexit et aux interrogations sur une remontée des taux américains. Citi prédit une hausse de 30% de leurs revenus dans cette activité et RBC une progression de 30 à 38%. Le trading actions devrait en revanche être plus mitigé. Pour Natixis, Kepler Chevreux se place bien au-dessus du consensus, en misant sur un bond de 88% du PNB global des activités de marchés.
Sur le plan stratégique, JPMorgan espère des annonces de la filiale de BPCE sur l’organisation de sa BFI et de nouvelles économies de coûts. Chez BNP Paribas, après les annonces du printemps sur la BFI, un nouveau plan stratégique global est attendu lors de la présentation des résultats annuels, en février prochain.
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