LCL décroche malgré son plan de transformation
La fin de la contribution des caisses régionales aux résultats de Crédit Agricole SA jette une lumière crue sur LCL, désormais seul réseau français de la banque cotée. Au premier trimestre, l’enseigne accuse une baisse de 9,3% sur un an de son produit net bancaire (PNB), à 834 millions d’euros.
LCL souffre davantage que ses concurrentes. Les caisses régionales du Crédit Agricole reculent de 2% (-5,6% hors effet épargne logement) à fin mars. Ailleurs, les variations vont de +1% (ou -3% hors PEL/CEL) dans les réseaux de la Société Générale, à -4,4% aux Banques Populaires (-4 % hors effet PEL/CEL).
Chez LCL, «l’effet de baisse du PNB est essentiellement lié à la marge d’intermédiation », a expliqué Jérôme Grivet, directeur général adjoint de CASA en charge des finances, au cours d’une conférence téléphonique. La marge souffre «sous l’effet combiné de la baisse des taux d’intérêt et de l’ampleur des renégociations et des remboursements anticipés de crédits immobiliers», qui touchent près «50% de l’encours depuis 2014», a-t-il ajouté. Le point d’inflexion est attendu en 2017.
Des crédits immobiliers en hausse de 11%
La révision des contrats de prêt n’a pas dopé les commissions. Elles baissent de 0,5% sur un an, malgré la dynamique des ventes d’assurances (+3,8%) et de services bancaires du quotidien (+4,2%).
Pour autant, LCL enregistre «une très bonne activité commerciale depuis deux ans, avec des crédits en hausse de 9% et des crédits immobiliers en hausse de 11%, soit le double du marché», assure Jérôme Grivet qui mise sur un «gros potentiel de développement futur de ses revenus», grâce aux synergies attendues avec les usines du groupe dans l’assurance ou la gestion d’actifs.
En attendant, le PNB de LCL s’est réinstallé depuis trois trimestres sous la barre des 900 millions d’euros. Le résultat net part du groupe a chuté de 31,8% à fin mars 2016, à 85 millions d’euros. Malgré la stabilité des charges (-0,2%), le coefficient d’exploitation grimpe à 76,9%, loin de l’objectif de 63,5% fixé pour 2019. Le plan stratégique 2014-2018, prolongé jusqu’en 2020, prévoit notamment 240 fermetures d’agences LCL et une réduction d’effectifs de 1.300 équivalents temps plein.
L’enseigne vise aussi un rendement des fonds propres normatifs supérieur à 16% dans trois ans. Au premier trimestre, il atteignait «moins de 10%», pointe Kepler Cheuvreux.
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