Les banques françaises continuent d’accumuler des fonds propres

La Société Générale a engrangé 300 millions de capital à travers un rachat de dette hybride. BNP Paribas aura réinvesti 93% de son bénéfice 2011
Antoine Landrot
Illustration: Thinkstock
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Alors que d’ici à la fin de l’année, elles devront avoir atteint un ratio de fonds propres purs core equity tier one de 9%, les banques cherchent à accumuler du capital en vue des futures obligations prudentielles de Bâle 3. La semaine dernière, deux établissements français se sont illustrés.

Les deux offres de rachat de 12 lignes de dette hybride lower tier two lancées le 11 juin ont permis à la Société Générale de réaliser un bénéfice imposable d’environ 300 millions d’euros, lequel va ainsi alimenter de six points de base son ratio de fonds propres (9,4% au 31 mars 2012). Les offres portaient sur un nominal de 1,7 milliard. La fourchette de prix est comprise entre 95,5% et 106,5% du nominal pour les instruments à coupon fixe. Pour les instruments structurés, elle s’établit entre 83% et 102%.

«Outre le calibrage de l’opération, les investisseurs ont apprécié que la Société Générale apporte une liquidité à un marché qui en manque», précise Sidney Studnia, responsable de l’ingénierie financière du pôle marchés de capitaux de SG CIB. Certains parmi eux ont été heureux de se séparer du papier compte tenu de l’instabilité de la zone euro.

La première offre portait sur onze instruments d’un nominal de 1,3 milliard d’euros. La banque a lancé une offre séparée pour la douzième ligne placée aux Etats-Unis, dont le plafond a été fixé à 500 millions de dollars sur une souche d’un milliard. Une première phase, avec une prime incitative de 3%, a permis à la banque de récupérer 480 millions de dollars de titres. La seconde phase court jusqu’au 10 juillet.

BNP Paribas, de son côté, fait contribuer ses actionnaires à l’effort de renforcement des fonds propres. Ses dirigeants avaient indiqué en mars dernier que 75% de ses 6 milliards d’euros de bénéfices 2011 allaient être conservés dans l’entreprise et laissaient le choix aux actionnaires de recevoir les 25% de dividendes sous forme d’action. Les porteurs ont voté la semaine dernière à 72% en faveur d’un paiement en titres.

«C’est donc 93% du bénéfice 2011 qui aura été réinvesti dans l’entreprise pour renforcer ses fonds propres», se réjouit la banque. Son ratio de fonds propres atteignait 10,4% au 31 mars dernier. «Des banques françaises, la direction de BNP Paribas nous paraît être la plus déterminée à protéger sa base de fonds propres au-dessus des 9% réclamés par Bâle 3», écrit Maxime Le Gouvello, analyste chez Credit Suisse.

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