Les banques européennes sont loin d’avoir écrémé leur bilan
Malgré la cure d’amaigrissement entreprise ces dernières années, en particulier depuis la crise de la zone euro en 2011, les banques européennes ont loin d’avoir terminé leur effort. C’est ce qu’affirme la dernière étude de Royal Bank of Scotland (RBS).
Concernant la zone euro, l’établissement écossais estimait en novembre 2011 que les banques se débarrasseraient de 5.100 milliards d’euros d’actifs au cours des trois à cinq années suivantes. RBS évalue à 2.900 milliards d’euros la réduction des bilans (ou deleveraging) déjà effectuée depuis mai 2012. Reste encore à élaguer 3.200 milliards, selon leur nouvelle évaluation.
«Le système bancaire européen demeure surdimensionné. Les banques de la zone euro pèsent en moyenne 3,2 fois plus que leur économie nationale, bien davantage que dans d’autres pays développés comme le Canada, l’Australie ou le Japon, dont les multiples moyens tournent autour de deux, et plus qu’aux Etats-Unis, où les marchés sont plus développés», explique Alberto Gallo, responsable de la recherche macro crédit chez RBS.
Les banques subissent le renforcement des contraintes réglementaires en cours d’élaboration (en particulier Bâle 3). «Contrairement aux exigences de fonds propres réglementaires, le ‘ratio de levier’ de 3% repose sur le montant total des actifs et accentue la pression sur les banques aux bilans les plus importants», poursuit Alberto Gallo.
Les 11 plus grands établissements de la zone euro devront encore se départir de 661 milliards d’euros d’actifs (soit 131 milliards en actifs pondérés du risque) et renforcer leurs fonds propres de 47 milliards au cours des trois à cinq prochaines années, estime RBS. En ajoutant les britanniques Barclays et Lloyds Banking Group, le besoin atteint 60 milliards. «Les champions nationaux ont la capacité de générer du bénéfice et de la liquidité en quantité et n’ont pas le couteau sous la gorge. Mais le Comité de Bâle continuera à exiger davantage de capital réglementaire et moins de levier», affirme Alberto Gallo.
Leur ratio de levier étant le plus bas, Deutsche Bank, Crédit Agricole et Barclays devront être les plus stricts avec leur bilan. Ces trois groupes, ainsi que Commerzbank, auront en outre plus de difficulté à générer des fonds propres à travers leurs seuls bénéfices. «Ils devront aller chercher la majeure partie de leur capital supplémentaire à l’extérieur», explique RBS, impliquant des augmentations de capital que certaines, dont le Crédit Agricole, jugent superflue.
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