Les banques européennes restent dans le viseur des Etats-Unis

Commerzbank pourrait être la prochaine victime de la chasse lancée pour violation des règles d’embargo qui a sévèrement frappé BNP Paribas
Benoît Menou

Comme tout tremblement de terre majeur, la sanction de 9 milliards de dollars infligée la semaine passée à BNP Paribas par les autorités américaines pour violation d’embargo ne devrait pas manquer d’appeler des répliques d’ampleur certes plus limitée mais tout de même néfastes tant pour la réputation que pour le profil financier des prochains établissements bancaires convaincus de fraude. A en croire les informations relayées hier le New York Times, l’Europe resterait l’épicentre des prochaines secousses.

Commerzbank pourrait ainsi consentir cet été à verser plus de 500 millions de dollars, tout en évitant d’avoir à plaider coupable comme BNP Paribas. Un accord avec la banque allemande, détenue à 17% par l’Etat, pourrait ouvrir la voie à la conclusion de l’enquête menée sur Deutsche Bank, en attendant UniCredit, le Crédit Agricole ou la Société Générale. Les pourparlers avec les banques françaises ne sont pas prioritaires, selon une source citée par Reuters.

Commerzbank a déjà reconnu (comme sa rivale allemande) faire l’objet dans ce dossier de l’attention des autorités américaines : département de la Justice, Réserve fédérale, procureur général et régulateur bancaire de New York en tête. Elle indiquait dans son dernier rapport annuel que l’enquête concernait ses activités liées à Cuba, à l’Iran, au Soudan, à la Corée du Nord, et à la Birmanie. A fin 2013, la provision de la banque pour l’ensemble de son risque juridique s’élevait à 934 millions d’euros. Le montant pressenti d’une sanction aux Etats-Unis ne serait pas en soi, selon l’analyste Neil Smith de Bankhaus Lampe, de nature à nécessiter un nouvel appel au marché par Commerzbank, qui a concrétisé en mai 2013 sa cinquième augmentation de capital en quatre ans.

Les Etats-Unis poursuivent ainsi des efforts de longue date dans la chasse aux banques ayant financé en dollar, devise reine des transactions internationales, des opérations impliquant des pays placés sur liste noire outre-Atlantique. Avant BNP Paribas, 21 établissements ont écopé depuis 2009 d’amendes pour un montant cumulé de 4,9 milliards de dollars.

De Lloyds Banking Group à ING, les banques du Vieux Continent ont payé le plus lourd tribut, seule JPMorgan étant sanctionnée côté américain, pour un montant modeste de 88 millions de dollars en 2011.

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