Les banques européennes pourraient fermer 20.000 agences d’ici à 2016
Les banques de détail sont appelées à réduire la voilure en Europe occidentale, et, fait nouveau, à toucher à leurs réseaux. Dans un contexte global de réduction des coûts au sein du secteur, entre 6 et 8% des agences, soit un nombre de 15.000 à 20.000, pourraient être fermées d’ici à 2016, prévoit Roland Berger, qui s’appuie sur un scénario de base consistant en une reprise progressive de l’environnement bancaire. Le taux pourrait atteindre 12 à 14% et concerner entre 30.000 et 35.000 agences en cas de scénario plus difficile.
«Nous sommes à un point d’inflexion par rapport à une tendance historique de croissance», souligne Fabrice Asvazadourian, coresponsable mondial des services financiers du cabinet de conseil. Selon le professionnel, au regard du nombre d’agences par million d’habitants, ces fermetures concerneront en premier lieu l’Espagne, suivie par la France et l’Italie.
Plus largement, tous métiers confondus, «les réductions de coûts devront désormais porter sur les fonctions de front-office, qui représentent en moyenne 60% des coûts d’une banque», relève Fabrice Asvazadourian. Le secteur a jusqu’à présent axé ses efforts sur d’autres fonctions telles que le back-office. Dans la banque d’investissement notamment, «nous allons assister à une deuxième vague de réduction des coûts», estime le consultant.
Sur l’ensemble du secteur, la refonte des organisations, pouvant passer par des cessions, des externalisations ou des mutualisations, réduira significativement la masse salariale. «Les effectifs devraient revenir à leur niveau du début des années 2000», a relevé Fabrice Asvazadourian. D’ici à 2016, 180.000 postes, soit 6% de la masse salariale, devraient être supprimés ou non renouvelés suite à des départs en retraite, selon le scénario de base. «Un impact indirect de même ampleur est attendu sur les fournisseurs», a ajouté le professionnel. Dans le scénario stressé, le nombre de suppressions de postes serait doublé, à 360.000.
Se basant sur les différents plans de réduction de coûts annoncés par les banques, Roland Berger estime que le secteur projette de porter son coefficient d’exploitation à 55% en 2016, contre 69% en 1996 et 61% estimé en 2012. Une réduction de 10% de la base de coûts, soit 40 milliards d’euros, sera alors nécessaire selon le scénario le plus favorable, contre une baisse de 17% (68 milliards) selon le scénario le plus dur.
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