Les banques européennes ont renforcé leur capital de 95 milliards d’euros
L’Autorité bancaire européenne (EBA) s’est félicitée hier que la majorité des banques de l’Union aient été recapitalisées comme prévu avant la fin du mois de juin 2012. Pourtant, bien des cas épineux restent à régler. Finalement, 27 banques ont levé 94,4 milliards d’euros de fonds propres pour atteindre un ratio core tier one de 9% fin juin et faire face à la mise en valeur de marché de leurs portefeuilles de dette souveraine en septembre dernier, selon les chiffres publiés hier.
L’autorité se félicite que ce montant soit plus important que les besoins de 76 milliards d’euros identifiés en décembre dernier. En réalité, elle tablait alors sur un manque de 115 milliards d’euros pour 71 banques. Les banques grecques (30 milliards d’euros de besoins) ayant été traitées séparément, seules 31 banques étaient en dessous des 9%. Trois banques: Dexia, WestLB et Österreichische Volksbank ont été retirées de la liste parce qu’en pleine restructuration et Bankia a aussi été considérée comme un cas à part.
Les gouvernements et le Fonds européen de stabilité financière ont dû être appelés à la rescousse. Sept banques sur 27 ont ou devaient atteindre l’objectif fixé grâce aux deniers publics (9,5 milliards d’euros au total). Il s’agit de Caixa Geral de Depositos, Banco Comercial Portugues, Banco BPI, Monte Dei Paschi, d’une banque slovène et de deux chypriotes. Comme attendu, les banques françaises ont réalisé l’exercice sans difficulté. BNP Paribas, la Société Générale, BPCE et Crédit Agricole avait 14,7 milliards d’euros de fonds propres en excédent par rapport à l’objectif dès le 31 mars dernier.
L’EBA se félicite du fait que 76% des levées de fonds ont été réalisées conformément à ses recommandations. Les banques ont essentiellement émis du capital ou mis en réserve leurs résultats. Cette méthode a été à l’origine de 30% de l’augmentation des fonds propres. Viennent ensuite la conversion de dette (21%) ou l’émission de titres Cocos (12%). Les mesures de réduction du bilan tant redoutées ont compté pour 24% mais l’EBA assure que «la résistance du secteur bancaire européen a été renforcée sans que cela ait eu un impact majeur sur le financement de l’économie réelle».
Au total, la baisse des actifs pondérés du risque n’aurait été que de 0,62% par rapport à septembre 2011. Les résultats définitifs de l’exercice seront publiés banque par banque au mois de septembre prochain.
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