Les banques européennes n’ont pas gagné d’argent en 2012
Quatre petits milliards d’euros. C’est la somme des profits -avant impôt- générés l’an dernier par les banques européennes, malgré un produit net bancaire total de 705 milliards d’euros. Leurs résultats s’élevaient encore à 53 milliards d’euros, en 2011, malgré la crise grecque, et à 128 milliards en 2010, indique une étude du cabinet de conseil Roland Berger.
L’an dernier, «la performance des métiers cœur a été relativement résiliente, pointe Fabrice Azvazadourian, co-responsable mondial des services financiers chez Roland Berger. On n’a eu que 6% de baisse des résultats» opérationnels, à 141 milliards d’euros. Mais ils ont été quasiment annulés par 137 milliards de pertes (+38%), liées à la crise espagnole (59 milliards) et à la réduction de voilure imposée par la mise en œuvre accélérée de Bâle 3. Les cent banques analysées*, soit 90% du marché européen, ont dû déprécier des actifs et vendre des portefeuilles à perte. La variation de leur dette propre a seulement pesé à hauteur de 20 milliards d’euros.
Toutes tendent désormais vers un ratio de fonds propres durs supérieur à 9% en fin de l’année. En 2011, leur core tier one était déjà passé de 7% à 8,5% en moyenne, grâce à un renforcement des fonds propres durs de l’ordre de 250 milliards d’euros.
70% de l’effort porte sur le numérateur: 90 milliards d’euros d’augmentations de capital (soutien public aux banques espagnoles, etc.), 30 milliards de mise en réserve de résultats (banques françaises notamment) et 50 milliards d’autres mesures (élimination des goodwills, émission de titres hybrides, etc.). Les 30% restants concernent le dénominateur, avec 50 milliards d’ajustements techniques liés au calcul des actifs pondérés du risque (RWA). Au bout du compte, la réduction des RWA liée à la vente d’actifs ou l’arrêt d’activités représente seulement 30 milliards, soit 12% du total.
Tout cela ne suffira pas, notamment pour respecter le futur ratio de levier. «Si tout le monde est à 9% de core tier one et continue à calculer ses RWA de façon différente, (…) il y aura un consensus politique pour dire que ce n’est pas assez et le ratio va monter à 11 ou 12%», prédit Fabrice Azvazadourian. Les marchés l’ont déjà intégré: les banques européennes affichent une décote sur actif net de 20% en moyenne. Seules les suisses et les nordiques, aux bilans plus solides, sortent du lot.
* à l’exception des grecques et chypriotes, et de HSBC et Standard Chartered très exposées à l’Asie et/ou aux pays émergents.
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