Les banques européennes entrent dans une phase de recapitalisation massive
Les banques européennes accélèrent leur processus de recapitalisation. Après Banco Popolare qui a procédé à une augmentation de capital de 2 milliards d’euros et UBI Banca qui a annoncé mardi une émission de titres pouvant atteindre le milliard d’euros, le conseil d’administration d’Intesa Sanpaolo a approuvé hier une augmentation de capital de 5 milliards d’euros. Cette opération devrait permettre à la banque de voir son ratio de fonds propres durs (core Tier 1) augmenter de 150 points de base, alors qu’il était de 7,9% à fin 2010. Intesa ne serait ainsi qu’à quelques encablures du niveau de 10% que vont exigés les autorités de régulation financière italiennes pour les grands établissements.
La presse italienne évoquait en outre le week-end dernier que Banca Monte dei Paschi di Siena, la quatrième banque en termes de capitalisation boursière, projetterait une augmentation de capital qui pourrait dépasser les 2 milliards d’euros. Une manière de répondre à la pression exercée par Mario Draghi, gouverneur de la Banque d’Italie et possible futur président de la BCE, en faveur d’une recapitalisation massive des banques à l’aube des résultats des stress tests de juin.
Mais les banques italiennes ne sont pas les seules à se mettre aux normes. Outre-Rhin, Deutsche Bank envisagerait de lever quelque 18 milliards d’euros, selon le Wall Street Journal qui se fonde sur l’invitation reçue par les actionnaires pour l’assemblée générale qui aura lieu en mai prochain. La banque allemande avait déjà levé 10,2 milliards de dollars en octobre dernier dans le cadre du financement du rachat de Postbank, censé réduire son exposition à la banque d’investissement. «Deutsche Bank, selon les règles de Bâle 3, est sans conteste l’une des banques les moins bien capitalisée du secteur» estime Jon Peace, analyste chez Nomura.
De son côté, des sources concordantes évoquent que Commerzbank pourrait demander dès aujourd’hui à ses actionnaires leur accord pour une augmentation de capital de près de 10 milliards d’euros. La deuxième banque allemande avait reçu 18,2 milliards d’euros d’aide de la part de l’Etat en 2009. Berlin détient toujours 25% du capital de Commerzbank à travers une «participation silencieuse», une classe particulière de dette subordonnée. Cette opération permettrait au gouvernement allemand de convertir sa participation en actions ordinaires.
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