Les banques européennes déçoivent dans le trading obligataire
Les performances de trading annoncées demain par BNP Paribas et jeudi par la Société Générale seront scrutées de près par les investisseurs. Leurs grandes concurrentes européennes ont déçu la semaine dernière, avec des résultats inférieurs aux banques de Wall Street dans les activités de marché. En pleine restructuration, Barclays n’a pas profité du rebond des marchés obligataires, malgré les vents porteurs liés à la hausse des taux aux Etats-Unis en décembre. A fin mars, la britannique a vu ses revenus de trading «macro» (taux, change et matières premières, hors crédit) chuter de 14% sur un an, à 490 millions de livres (581 millions d’euros), en raison d’une moindre performance de ses activités de taux aux Etats-Unis et de sa sortie du secteur de l'énergie. En y ajoutant les 399 millions du trading crédit, les revenus du pôle (hors actions) s’avèrent quasi étals. Chez Deutsche Bank, l’activité de fixed income a progressé de 11%, à 2,29 milliards d’euros, mais elle reste très en deçà du rebond moyen de 21% dans les banques américaines.
Recentré sur la gestion de fortune, le suisse UBS accuse un repli de 6% dans le courtage de taux, change et crédit, avec des revenus de 455 millions de francs (420 millions d’euros). Credit Suisse qui suit, avec retard, la même stratégie, a tiré son épingle du jeu grâce à un bond de 133% dans le trading de crédit et produits titrisés, à 921 millions de francs.
Les résultats à fin mars illustrent néanmoins la perte de terrain des groupes européens. Deutsche Bank a quitté l’an dernier le top 5 mondial des banques d’investissement, selon la société d’analyse Coalition, en passant en sixième position derrière les américaines JPMorgan, Goldman Sachs, Citi, Bank of America-Merrill Lynch et Morgan Stanley. Barclays pointe à la septième place.
La banque britannique entend regagner des parts de marché en Europe pour faire barrage à l’appétit des géants de Wall Street. Mais «nous n’avons pas bénéficié de l’accélération dont ont profité un certain nombre de banques américaines», a estimé vendredi le directeur général Jes Staley, sur Bloomberg TV. «Nous aurions pu faire un peu mieux du côté des taux américains, mais nous n’allons pas porter de jugement sur un trimestre», a-t-il ajouté. Ses actionnaires, eux, l’ont fait. Le titre Barclays a clôturé en baisse de 5,22% vendredi, à Londres.
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