Les banques européennes commencent à solder le pesant héritage du passé
La crise du secteur bancaire est source d’opportunités. L'étude annuelle de KPMG sur la communication financière des banques européennes montre certes que l’année 2012 a été marquée par un net recul des profits cumulés des quinze banques passées au crible à 41 milliards d’euros, après 61 milliards en 2011 et 84 milliards en 2010. Le cabinet d’audit déplore en outre le fait qu’une minorité des banques quantifient à leur niveau l’impact des interventions de la BCE, notamment concernant les opérations de refinancement.
Par ailleurs, KPMG lance une alerte sur l’explosion, à 20,5 milliards d’euros en 2012, du coût total des indemnisations pour litiges, héritage des comportements passés des banques sur la manipulation du taux Libor, des ventes inappropriées de swaps de taux et abusives de produits d’assurance crédit (PPI). «Comment les banques peuvent-elles aller au bout de leur stratégie et restaurer la confiance de leurs clients alors même qu’elles sont contraintes par le poids des nombreux litiges issus de leurs comportements passés?», s’interroge l'étude.
Pourtant, si les performances globales ont été décevantes l’année dernière, sept banques (dont BNP Paribas et HSBC) ont su tirer leur épingle du jeu en renforçant leur niveau de résultats «grâce à une diversification des portefeuilles (Amérique latine, Asie et Moyen-Orient)». Une disparité qui se retrouve dans le coefficient d’exploitation qui varie de 46,1% à 106,5% sur l'échantillon, avec quatre banques (UBS, RBS, Deutsche Bank et Barclays) qui dépassent le seuil critique des 80%, mais sept autres qui restent au-dessous des 60%.
«La progression des résultats observée sur le premier trimestre 2013 laisse à penser que les banques commencent à mettre le poids de ce passé derrière elles, pour se concentrer sur la mise en œuvre de nouveaux plans stratégiques», a estimé hier Marie-Christine Jolys, associée responsable du département réglementaire bancaire chez KPMG. L'étude salue notamment l’allongement des sources de refinancement, les produits innovants proposés pour attirer les dépôts, ainsi que le renforcement des fonds propres, à hauteur de 230 milliards d’euros depuis 2009.
En outre, avec le lancement de banques en ligne, de nouveaux types d’agences, et les efforts de communication des dirigeants pour améliorer l’image du secteur, Marie-Christine Jolys croit voir «se dessiner les contours de la banque du futur».
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