Les banques et assurances devront mieux se soucier des clients âgés et vulnérables
Les personnes âgées vulnérables sont un cheval de bataille pour le pôle commun de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Ils avaient en 2018 lancé des travaux sur la commercialisation des produits financiers destinés à ce public. A leur issue, un document de réflexion « Pratiques de commercialisation et populations vieillissantes : comment faire face au déclin cognitif des personnes âgées dans le cadre de la relation-client » avait été soumis à consultation publique. Le pôle commun publie ce jeudi le rapport de synthèse des ateliers du groupe de travail de Place, regroupant les échanges d’une trentaine d’acteurs divers (établissements bancaires, organismes d’assurance, intermédiaires financiers...).
Les autorités de contrôle font part de quatre points qui ont retenu leur attention. Tout d’abord, il n’est pas nécessaire d’avoir une définition stricte de la personne âgée vulnérable, l'âge n'étant pas un indicateur de dégradation suffisant. Un faisceau d’indices peuvent amener - couplés avec des critères relatifs aux opérations financières de la personne - à estimer l'état de vulnérabilité. Ensuite, les conseillers financiers doivent être sensibilisés et guidés pour faire face aux situations dans lesquels ils doutent de la capacité du client à faire preuve d’un consentement éclairé. Par ailleurs, les établissements doivent faire preuve d’une vigilance renforcée pour limiter les risques de commercialisation inadaptée, tout en tenant compte des préférences et des besoins des personnes de manière à écarter tout risque de discrimination. Enfin, les établissements pourraient faire appel à des personnels formés à ce type de relation, des référents et des guides pour orienter les conseiller financiers. Une procédure adaptée à cette clientèle serait mise en place, incluant un canal de commercialisation et des outils de communication appropriés ainsi qu’un un double avis interne avant souscription.
Un an pour régler le problème
L’ACPR et l’AMF invitent les professionnels du secteur à se saisir de cette réflexion, et à présenter dès 2022 des avancées sur cette question. Ils auront à charge de créer ou d’approfondir des actions de sensibilisation et/ou de formation des conseillers aux vulnérabilités des seniors, en les axant sur le recueil d’un consentement éclairé. Les procédures internes devront être renforcées et des contrôlés effectués pour limiter les risques de commercalisation inappropriée, et donc de contentieux pour l'établissement. Un « référent vulnérabilité » portera la démarche auprès de la direction, et veillera à la mise en place et au suivi des bonnes pratiques commerciales.
Plus d'articles du même thème
-
L’horizon des coûts de financement des entreprises s’assombrit
Deux tiers des trésoriers constatent déjà un durcissement, selon l’enquête AFTE / Rexecode / Meti. -
Avec la facturation électronique, le sursaut des banques face aux fintechs se généralise
Le Crédit Agricole confirme le mouvement des banques vers la facturation électronique avec Kolecto, qui permet d'offrir cette prestation à ses clients. Elles veulent protéger leurs parts de marché auprès PME et TPE, voire mener une offensive. -
Malgré la hausse de l'inflation, la Banque d'Angleterre maintient son taux à 3,75%
La banque centrale britannique anticipe désormais une inflation à 4% début 2027 ce qui pourrait l'obliger à durcir sa politique monétaire lors de sa prochaine réunion.
ETF à la Une
La majorité des investisseurs professionnels sont prêts à basculer leurs encours vers des ETF actifs
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La nouvelle direction de Sanofi va devoir sortir du marasme la R&D du groupe
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- La BCE attise la flambée des taux
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
Contenu de nos partenaires
-
« Je suis député malgré moi » : comment ce maire rural s’est retrouvé à l’Assemblée nationale… sans le savoir
Après une improbable confusion juridique, le député Liot Harold Huwart a été remplacé par le maire d’une petite ville d’Eure-et-Loir qui l’a appris avec plusieurs semaines de retard. -
Le Cercle des initiésLa Société Générale à l’heure du deuxième souffle
Slawomir Krupa passe sa confirmation. Le directeur général de la Société Générale dévoilera ce 21 septembre à Londres son deuxième plan stratégique, dans des conditions bien différentes de celles qui avaient entouré le premier, il y a trois ans tout juste. A l’époque, fraîchement propulsé à la tête d’une banque en plein marasme, le quadragénaire avait déçu les espoirs que sa nomination avait suscités. L’action avait plongé de 12% le jour de la présentation de ses objectifs, jugés peu ambitieux, puis passé une bonne année à languir faute de résultats probants. -
La Fabrique de l'OpinionJean Tirole et Karine Van der Straeten : « Les Européens développent une aversion au risque considérable »
Jean Tirole et Karine Van der Straeten : « Nous avons trop longtemps pensé qu'on pouvait continuer à vivre dans une économie de rattrapage. Ce n'est plus le cas parce que les ruptures technologiques changent de nature »