Les banques espagnoles s’inquiètent du scandale des actions de préférence

Les établissements cherchent différentes formules pour éviter que l’affaire ne ternisse leur image et n’entraîne des pertes de clientèle
Isabelle Birambaux, à Madrid

Les banques espagnoles essaient de trouver des solutions pour compenser les particuliers qui ont perdu leurs économies dans les participations préférentielles. Un produit financier complexe et à hauts risques, «dont personne ne veut» et qui «a enregistré des chutes allant jusqu’à 60%», selon l’Adicae, une association de défense de consommateurs. Plus de 700.000 familles ont été flouées, estime l’Adicae qui chiffre à 26 milliards d’euros la valeur d’émission des participations que les établissements financiers ont vendues massivement pour améliorer leurs ratios de capital.

Pour laver l’image de son établissement, José Maria Castellano, le nouveau président de Novagalicia Banco (NCG) a même demandé pardon publiquement. Des excuses qui n’ont pas empêché cette semaine un tribunal de commerce de condamner NCG à rembourser les 7.650 euros qu’un client avait investi en préférentielles. Les petits épargnants espèrent que la décision fera jurisprudence.

Le dossier est d’autant plus épineux que dans le cadre du plan d’aide à l’Espagne, Bruxelles demande que les détenteurs de ces participations assument une partie des pertes. Le plan n’envisage aucune solution pour les clients particuliers des établissements qui ont recu des aides publiques.

Certains porteurs ont déjà pris leurs pertes. Banco Santander a offert fin 2011 d’échanger l’intégralité de la valeur de ces titres contre des actions tandis que Banco Sabadell l’a imité en juin en faisant miroiter une prime de 24% pour les investisseurs disposés à conserver leurs titres pendant au moins quatre ans. Bankia a adopté une formule similaire avant sa nationalisation, d’échanger 75% de la valeur nominale de ces participations et 100% dans le cas où l’investisseur décidait de les garder un certain temps dans son portefeuille. BBVA, Caixabank ou Banco Popular ont opté pour un échange contre des bons obligatoirement convertibles en actions, les fameux Cocos, un produit, qui, selon l’Adicae, n’offre aucune garantie.

La formule la plus sûre serait celle de la conversion en dépôts, assure José Antonio Ureta, directeur de Cumbria FSC, cabinet de conseil. Il souligne que «les banques proposent d’échanger les préférentielles non pas par responsabilité sociale mais en raison d’impératifs juridiques». Car à partir de 2013, ces titres ne seront plus comptabilisés comme capital tier 1, en vertu des normes de Bâle 3.

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