Les banques espagnoles ploient sous la montée des créances douteuses

La profitabilité du secteur est tout juste suffisante pour absorber en 2012 le coût du nettoyage immobiler imposé par la Banque d’Espagne
Alexandre Garabedian

Mois après mois, la situation des emprunteurs espagnols se dégrade. Le taux d’encours douteux a atteint en février son plus haut niveau dans le pays depuis 1994, à 8,16%, contre 7,91% en janvier, selon les dernières statistiques de la Banque d’Espagne. Une dégradation qui, si elle se prolonge, pourrait rendre caduque l’estimation de 50 milliards d’euros de provisions sur l’immobilier que le gouvernement veut forcer les banques à passer.

La Banque d’Espagne a approuvé le 17 avril les plans de provisionnement des prêteurs espagnols. La facture finale devrait plutôt atteindre 53,8 milliards d’euros: les banques prévoient 29 milliards de dotations sur leurs actifs immobiliers (dont 3,9 milliards prélevés sur le stock de provisions génériques) et s’engagent à créer 15,6 milliards de coussins en fonds propres (dont 12,5 milliards par augmentation de capital). Elles ont déjà passé 9,2 milliards d’euros de provisions dans les comptes du dernier trimestre 2011. Le nettoyage des bilans bancaires devra être achevé fin 2012, mais les établissements qui annoncent des projets de fusion obtiendront un délai de 12 mois.

Sur la base des projections actuelles, l’effort demandé par les autorités reste supportable dans son ensemble, même si certains établissements pourraient tomber dans le rouge en 2012. «Le secteur a dégagé sur son marché domestique en 2011 un résultat d’exploitation de 22,4 milliards, qui pourrait atteindre entre 25 et 26 milliards en 2012 grâce au soutien de liquidité de la BCE», indique Alejandro Ruyra, analyste chez Kepler.

De quoi absorber les 25,1 milliards de provisions immobilières qui restent à passer cette année, à condition que la situation ne se dégrade pas outre mesure. La hausse du chômage et la récession en Espagne devraient aussi accroître la charge du risque sur d’autres encours que l’immobilier. Des interrogations visibles dans les CDS à 5 ans des banques espagnoles, qui s’approchent à nouveau des sommets atteints fin novembre. En un mois, ceux de Santander sont passés de 260 à 415 pb hier selon Markit (pour un pic à 460 pb l’automne dernier) et ceux de La Caixa de 530 à 778 pb (contre plus de 900 pb).

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