Les banques espagnoles bradent leurs actifs immobiliers
Le compte à rebours est lancé. Le 24 août, la structure de défaisance pour les actifs immobiliers des établissements financiers espagnols doit être officiellement adoptée. Les banques et notamment les caisses, dont les bilans sont fortement plombés par le poids du «ladrillo» (de la brique), se sont engagées dans une course contre la montre pour se débarrasser de ces actifs. Conséquence: elles bradent les prix des logements. Bankia propose des réductions entre 40% et 60% tandis que CaixaCatalunya organise une grande campagne de promotion pour écouler son stock sur les marchés internationaux. Après avoir vendu fin juin 3.777 logements pour une valeur de 630 millions d’euros, elle a accéléré le rythme un mois plus tard en liquidant 6.700 biens pour un milliard d’euros. Du côté des banques, c’est Banco Santander qui est en tête du peloton avec 6.200 logements vendus au premier semestre 2012.
Malgré le grand nettoyage imposé par le gouvernement espagnol en début d’année, les actifs immobiliers continuent de peser sur les bilans des banques espagnoles. Selon le quotidien Cinco Días, les six établissements financiers les plus importants de la péninsule (Santander, BBVA, Caixabank, Sabadell, Banco Popular et Bankinter) ont deux fois plus d’actifs immobiliers que l’an passé. A la fin du premier semestre 2012, ces banques possédaient 33,4 milliards d’euros «d’actifs adjugés provenant des promoteurs immobiliers», contre 16,9 milliards d’euros l’année dernière à la même date. En douze mois, elles ont ainsi absorbé 16,5 milliards d’euros d’actifs immobiliers adjugés supplémentaires.
La crise, qui n’en finit plus, a fait gonfler le volume des créances douteuses, notamment pour les crédits concédés aux promoteurs. C’est d’ailleurs sur ce dernier segment que se joue la future structure de la «bad bank». Le portail de référence de l’immobilier, Idealista, prévoit que les banques expulseront de leurs bilans non seulement les crédits promoteurs mais aussi leurs participations dans les compagnies du secteur immobilier. En novembre dernier, Mikel Echavarren, le PDG de la société de conseil financier Irea, avait d’ailleurs affirmé que la «bad bank» serait non seulement dotée «des immeubles adjugés, des crédits promoteurs», mais aussi «des participations dans les sociétés créées par les banques et les caisses avec les compagnies immobilières».
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