Les banques du Golfe remplacent les établissements français en Egypte
C’est fait. BNP Paribas a officialisé hier la vente de sa filiale égyptienne à Emirates NBD. L’établissement de Dubaï – conseillé par Perella Weinberg Partners et HC Securities and Investment – acquiert les 95,2% détenus par la banque française pour 476 millions de dollars (359 millions d’euros). Puis il fera une offre aux mêmes conditions auprès des actionnaires minoritaires. L’ensemble est donc valorisé 500 millions de dollars (377 millions d’euros).
L’effet de l’opération sera marginal sur BNP Paribas. La banque, conseillée par ses propres équipes de fusions-acquisitions, réalise une plus-value d’une centaine de millions d’euros. Celle-ci renforcera son ratio de fonds propres réglementaires core equity tier one (CET1) de 5 points de base (pb), selon les critères de Bâle 3. L’effet est d’autant plus limité que le CET1 de BNP Paribas est déjà supérieur de 50 pb aux 9% exigés par le futur régime prudentiel.
«Cette opération est un événement mineur pour BNP Paribas d’un point de vue financier, en conclut un analyste. Cela dit, pour une banque cotée, une présence en Egypte, pays jugé instable, peut être dommageable en termes d’image. Considérant la taille réduite de cette filiale, son rapport image/contribution en revenus était négatif.» En cas d’offre alléchante, la décision de vendre paraissant donc rationnelle.
Le prix payé par Emirates NBD valorise BNP Paribas Egypt à 1,6 fois la valeur comptable de ses fonds propres au 30 septembre. A titre de comparaison, le groupe en entier traite actuellement en Bourse à 0,74 de sa book value. «Ce prix peut se justifier: la filiale est essentiellement une banque de détail, peu mobilisatrice de capitaux réglementaires. En outre, l’Egypte est un marché important avec un taux de bancarisation faible», soutient un analyste.
La filiale égyptienne de la Société Générale a elle été cédée à une autre banque du Golfe (Qatar National Bank) pour environ deux fois sa valeur comptable. Cela dit, le fonds de commerce n’est pas le même: le réseau de BNP Paribas Egypt possède 70 agences, contre 160 pour celui de NSGB.
Après la clôture de l’opération, escomptée au premier trimestre 2013, Emirates NBD et BNP Paribas ont l’intention de coopérer pour permettre à l’établissement français de servir ses clients en Egypte: un accord devrait englober le financement des exportations, la gestion de trésorerie et la banque de financement et d’investissement.
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