Les banques d’investissement européennes restent à la traîne
La partie est loin d’être gagnée pour les banques d’investissement européennes. Bien que la hausse des transactions sur les marchés pendant la crise du Covid ait profité à de nombreuses banques d’investissements mondiales, toutes n’ont pas aussi bien tiré parti de la situation.
Les banques d’investissement européennes, et plus particulièrement françaises, ont eu tendance à se comporter moins bien que leurs homologues américaines, constate une étude de S&P Global Ratings. Et ce même si certaines, comme BNP Paribas, ont su se démarquer dans cette activité. « Les banques européennes continuent de perdre du terrain par rapport à leurs rivales américaines qui bénéficient d’un effet taille, grâce à la profondeur des marchés de capitaux outre-Atlantique, très avantageux », explique l’agence de notation.
Pertes de parts de marché
La part de marché mondial des six plus grandes banques d’investissement américaines, comparé au même nombre de banques européennes, est passé de 55% en 2013 à 67% au premier semestre 2020. Cette tendance se confirme même sur le sol européen où les banques américaines sont passées de 44% de parts de marché en 2013, à 58% au premier semestre de cette année.
Plus inquiétant encore, S&P considère que cet état de fait ne devrait pas changer rapidement, quand bien même les conditions de marchés se révéleraient plutôt favorables au secteur pendant le reste de l’année. Cela est dû aussi bien à la force des entités américaines qu’à la faiblesse des européennes. « Les banques américaines sont bien placées pour gagner davantage de parts de marchés », explique l’étude. Par ailleurs, S&P considère que « pour certaines banques européennes, il est - et restera - difficile de générer une rentabilité suffisante dans ce segment d’activité, consommateur de fonds propres ».
Toujours selon l’agence de notation, le salut des banques d’investissement européennes passerait par une accélération des mouvements de concentration ou de regroupement d’activités. Elle cite en exemple la reprise par BNP Paribas des activités de prime brokerage de Deutsche Bank fin 2019, ou encore le rachat par la Société Générale des activités flux et de structurés sur les actions et les matières premières (equity markets and commodities, EMC) de Commerzbank. « Ces transactions sont une méthode relativement peu coûteuse et à faible risque pour les acquéreuses d’augmenter leurs volumes », estime S&P.
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