Les banques digèrent aisément la dégradation de la note italienne

Les grands établissements européens utilisent des modèles internes de pondération du risque qui leur évitent de renforcer mécaniquement leurs capitaux
Antoine Landrot

La dégradation de la note souveraine italienne de trois crans à A2 par l’agence Moody’s avec une perspective négative (L’Agefi d’hier) n’a pas eu d’effet particulier sur les cours de Bourse des banques les plus exposées à la dette d’Etat transalpine. C’est-à-dire les établissements italiens et français – notamment BNP Paribas et le Crédit Agricole, qui disposent tous deux d’importantes filiales locales. Une telle absence de réaction peut surprendre, si l’on se souvient de la réaction des investisseurs aux simples rumeurs – finalement infondées – de dégradation de la note de la France. Ils avaient lourdement sanctionné les valeurs bancaires à Paris sans autre forme de procès.

Hier, les cours des établissements ont surfé sur la mobilisation européenne en faveur de la recapitalisation du secteur, dans la foulée du plan de démembrement organisé de Dexia. En effet, «la dégradation de l’Italie est impressionnante avec trois crans d’abaissement mais Moody’s ne fait que s’aligner sur la note de Standard & Poor’s », relativisent les analystes crédit de Louis Capital Markets.

En outre, elle conserve ses notes dans la catégorie AA auprès des agences rivales Fitch et DBRS. Ceci «devrait éviter au secteur bancaire de devoir comptabiliser le risque italien en catégorie A», ajoute Marnik Hinnekens, responsable de la recherche crédit chez Tullett Prebon.

En revanche, l’abaissement généralisé de la note du pays (celle attribuée par Fitch n’est qu’à un cran de la catégorie A) pourrait peser sur les ratios Tier 1 des banques européennes: dans ce cas, la pondération des risques sur l’Italie passerait de 0% à 20% selon le modèle standard des règles de Bâle 2, ce qui obligerait les établissements à accroître leurs besoins de fonds propres à 8% des 20% de leur exposition, soit 1,6%.

Cela dit, les grandes banques utilisent leurs propres modèles internes de pondération des risques, selon la méthode avancée de la réglementation. Les banques qui les utilisent ne communiquent guère sur le sujet, même si, pour le cas des françaises, elles affirment avoir une valorisation prudente de leurs obligations souveraines italiennes.

L’effet sur la pension livrée (repo) concerne quant à lui l’ensemble des établissements qui utilisent le papier italien comme collatéral, à l’image de ce qui s’est passé lors de la dégradation de la note américaine par S&P le 6 août dernier.

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