Les banques des assureurs français perdent du terrain
Les banques des assureurs français décrochent. Leurs comptes 2014 publiés la semaine dernière au Balo montrent une nette baisse de leur produit net bancaire (PNB). Celui d’Allianz Banque a chuté de 29,1% sur un an, à 27,2 millions d’euros, effaçant la forte progression de 2013. Les activités bancaires de Groupama Banque (hors gestion d’actifs) décrochent de 26,6%, à 64,7 millions d’euros. Tous deux enregistrent notamment des pertes sur instruments financiers. Enfin Axa Banque limite la casse avec des revenus de 119 millions d’euros, en recul de 8,9%.
Face à ces petits acteurs, les leaders du secteur s’en sortent mieux avec un PNB 2014 en baisse de -1% chez BNP Paribas à -3,4% dans les caisses régionales du Crédit Agricole. La Banque Postale (+1,2%) et les réseaux de BPCE (+0,7% à +1,4%) affichent même une faible croissance.
Dans son rapport financier 2014, Groupama Banque pointe le déséquilibre entre ses dépôts (2 milliards d’euros) et ses crédits (1,5 milliard), «associé d’une part à l’écrasement de la marge d’intermédiation dû à la baisse historique des taux et à la vive concurrence entre banques, et d’autre part au plafonnement de certaines commissions bancaires décidé par le législateur». Les frais pour incident de paiement sont en effet plafonnés depuis le 1er janvier 2014.
Surtout, la filiale de l’assureur vert regrette que, «si la stratégie de conquête des nouveaux clients par l’épargne et par le crédit connaît le succès escompté, la consolidation de la relation par l’ouverture de comptes bancaires actifs est moins fréquente qu’attendu». En privilégiant les clients aux prospects, la banque a aussi perdu 7% de ses comptes de particuliers (281.500 à fin 2014), alors que les établissements en ligne (ING, Fortuneo, etc.) et «assurbanquiers» se distinguent généralement par des campagnes de recrutement agressives.
Les activités bancaires de Groupama Banque sont donc restées dans le rouge, avec une perte nette part du groupe de 25,1 millions d’euros l’an dernier, et 81 millions d’euros en cumulé depuis 2011. Chez Axa Banque, la perte nette se limite à 1,36 million d’euros en 2014, mais les 14,7 millions de bénéfice brut d’exploitation sont annulés par le coût du risque (dotations pour risques de crédit). Redevenue profitable en 2013, Allianz Banque voit son résultat d’exploitation et son bénéfice net (4,8 millions d’euros) divisés par deux: la baisse des charges initiée en 2012 (réduction de personnel et migration informatique chez Arkéa) ne compense pas celle du PNB.
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