Les banques de la City ralentissent le rythme des relocalisations liées au Brexit
Près de trois ans après le référendum sur le Brexit, l’exode massif de la City ne s’est pas matérialisé. Le report de la date du Brexit, désormais fixée au plus tard à la fin du mois d’octobre, incite les établissements bancaires outre-Manche à faire preuve de prudence quant au déménagement de leurs équipes. Selon le Financial Times, les 15 plus grandes banques internationales auraient procédé au total à moins de 1.500 transferts, soit quelque 5% du nombre total de salariés de la City.
L’exemple le plus flagrant de cette tendance reste HSBC : le nombre de postes délocalisés jusqu’à présent vers Paris est inférieur à 100, selon son directeur général John Flint, alors même que la banque avait évoqué le déplacement d’un millier d’emplois post-Brexit. Chez Credit Suisse, on reconnaît aussi que le nombre de transferts et de créations d’emplois reste, pour l’heure, inférieur aux 250 évoqués l’été dernier. Ailleurs, le discours reste plus discret. La Société Générale ne communique ainsi pas sur les mouvements et créations de postes déjà réalisés. La banque maintient néanmoins qu’elle pourrait transférer ou créer 300 postes en Europe continentale, et principalement à Paris.
Du côté de BNP Paribas, 80 à 90 postes ont été relocalisés à Paris dans les activités de marché, une initiative destinée à accompagner les clients européens de la banque. Conséquence du rachat du spécialiste immobilier Strutt & Parker en 2017, les activités britanniques de BNP Paribas se sont même enrichies de 1.000 salariés supplémentaires, avec un total de 7.917 salariés au Royaume-Uni fin 2018. Même constat chez UBS : suite à une décision de la banque d’internaliser un certain nombre de fonctions, les effectifs londoniens se sont renforcés de plus de 500 salariés depuis le référendum. Du côté des banques britanniques, Barclays s’attend à doubler le nombre de ses salariés à Dublin à quelque 300 d’ici à la fin 2019, au travers d’une série de transferts de son siège londonien et de créations des postes. Chez les américaines, Citi, qui maintient son objectif de 150 à 250 postes créés ou délocalisés post-Brexit, a transféré à ce jour une soixantaine de postes du Royaume-Uni. Enfin, Bank of America Merrill Lynch n’a pas modifié sa stratégie : la banque américaine a transféré à fin mars quelque 200 emplois dans la capitale hexagonale, avec un objectif de 400 au total d’ici à la fin de cette année.
Plus d'articles du même thème
-
La confiance des ménages français est en chute libre
Il faut remonter à 2013 pour trouver un indicateur aussi bas : les ménages sont de plus en plus pessimistes tant sur l’évolution de leur situation financière personnelle, que sur leur capacité d’épargne ou sur la hausse du chômage. Ils s’attendent également à un regain d’inflation. -
Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Le géant américain de la technologie veut continuer à réduire ses effectifs. Il propose un plan de départ volontaire à plus d'un quart de ses salariés. Seuls les Etats-Unis, le Canada, l'Inde et le Royaume-Uni sont concernés. -
La pause attendue de la Fed masque de gros enjeux de communication
Les données récentes sur l’économie et sur l’inflation renforceraient la nécessité d'une nouvelle hausse des taux de la Fed ce mercredi. Mais les rares indications fournies par les responsables de la banque centrale suggèrent une pause, anticipée par les marchés de taux, et transforment ce rendez-vous en point de bascule autour de la communication.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Malgré la débâcle de Donald Trump, le risque de guerre avec l'Iran toujours au plus haut
Les dirigeants iraniens jubilent face aux résultats des élections de mi-mandat, mais rien ne garantit que Donald Trump ne lancera pas une nouvelle offensive contre la République islamique -
TsunamiDonald Trump battu : ce qui attend l'Europe
Avec le contrôle de la Chambre et du Sénat, les démocrates auront des leviers pour canaliser la politique étrangère de Donald Trump. Mais ce contre-pouvoir ne changera ni son désir de conclure un deal en Ukraine, ni son hostilité envers le Vieux Continent -
Déroute de TrumpMidterms : le temps d’une nuit, centristes et socialistes du parti démocrate ont fait front commun
Les jeunes des Democratic Socialists of America trinquent à la victoire des démocrates à travers le pays. Y compris ceux qu’ils accusaient hier d’être « trop mous » face à Donald Trump et trop modérés. Mais la fête finie, la bataille pour le parti commence