Les banques de détail françaises ont décroché en 2012
Le Crédit Agricole fait figure d’exception. Le produit net bancaire (PNB) des caisses régionales a crû de 1,5% l’an dernier, à 12,9 milliards d’euros, hors impact comptable de la réévaluation des titres Crédit Agricole SA au dernier trimestre (et hors épargne logement). Les revenus de LCL, l’autre réseau du groupe, ont progressé de 1,8%, mais amorcé leur décrue au dernier trimestre (-0,2%).
Les autres enseignes françaises ont stagné ou décroché. Sur l’exercice, le PNB de la Société Générale (y compris le Crédit du Nord et Boursorama) est resté stable quand celui du réseau de BNP Paribas s’effritait de 1,4%. Chez BPCE, les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires ont reculé de 0,7% et 4,7% (+0,2% et -3,6% hors épargne logement). Outre la faiblesse des commissions de placements, les banques ont pâti des taux bas et du recul de la production de crédits, mis sur le compte d’une baisse de la demande.
Elles ont surtout piloté leurs ressources rares. BNP Paribas et les réseaux du Crédit Agricole ont augmenté leur base de dépôts de 5% en moyenne l’an dernier, contre une hausse de 1,5% seulement pour les encours de crédits. Ailleurs, la dynamique a été plus forte avec des hausses de respectivement 5,4% et 3,2% dans les enseignes de la Société Générale, 6% et 3,3% aux Banques Populaires et enfin 8,1% et 8,4% aux Caisses d’Epargne qui veulent combler leur retard dans le crédit aux entreprises. Au dernier trimestre, le rééquilibrage s’est accéléré. A la Société Générale, l’encours bilanciel a grimpé de 10,8% sur un an, six fois plus que celui des crédits.
Dernière ombre au tableau, le coût du risque (provisions sur impayés) a progressé mais reste plus faible qu’en crédit à la consommation ou banque de détail à l’international. Si les prêts immobiliers n’inquiètent guère, les analystes scrutent les encours aux entreprises. «Nous estimons le coût du risque sur les PME à seulement 20 points de base (pb) dans les caisses régionales (du Crédit Agricole, NDLR), relève Exane-BNP Paribas, contre 60 pb chez LCL et 130 pb chez Société Générale», qui comptabilise aussi des dossiers de gros corporates, comme la Saur. Pour autant, «nous estimons que le coût du risque va rester proche de ce niveau dans les trois prochaines années, sans se détériorer davantage», écrit le courtier au sujet de la Société Générale.
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