Les banques chinoises continuent de subir une hausse de leurs créances douteuses
Petit à petit, les créances douteuses gagnent du terrain dans les bilans des banques chinoises. En 2013, elles devraient représenter 3% du total des prêts accordés contre 2% fin 2012 et 1,7% un an plus tôt, selon une étude de Standard & Poor’s (S&P) parue hier. L’évolution de prêts présentant un risque de non-remboursement reste toutefois «faible comparée au bond alarmant des compagnies industrielles en perte, passées de 9,4% fin 2011 à 12 % fin 2012», relativise l’agence de notation. Selon elle, seul «un sévère ralentissement économique et une hausse plus importante que prévu des créances douteuses pourraient entraîner des dégradations» des notes des banques chinoises.
Leur résistance actuelle s’explique par la croissance économique et une meilleure disponibilité du crédit pour les sociétés non financières. La production de prêts nouveaux a crû de 15,6% l’an dernier, pour atteindre 67,3 trillions de renminbi l’an dernier (8.300 milliards d’euros). Elle devrait rester autour de 14 à 15% cette année. Les autorités ont en revanche resserré les critères d’octroi aux promoteurs immobiliers et aux entreprises industrielles en raison de leurs surcapacités actuelles. Le gouvernement exerce aussi un contrôle plus fort sur les plate-formes de financement des gouvernements locaux, assure S&P.
Les pertes sur créances et la faiblesse des marges d’intérêt devraient peser sur la rentabilité des banques. «Deux baisses successives des taux d’intérêt et une déréglementation partielle des taux de dépôts mi-2012 ont conduit à un resserrement des spreads au second semestre», explique l’agence. Les banques ont vu leur rendement sur actifs moyens passer de 1,1 % à 0,9-1% en 2012. En parallèle, elles sont en concurrence avec les offres de financements désintermédiés, en partie réalisés par les acteurs de la finance parallèle (shadow banking). La part des banques dans la total social finance, un indicateur chinois qui comprend les prêts hors bilan et les émissions d’actions et d’obligations, a baissé de 70,7% à 64,5% l’an dernier.
Le secteur conserve en tout cas un profil de liquidité attractif. Le ratio des prêts sur dépôts des établissements du pays a légèrement augmenté l’an dernier, à 71,4%, mais reste en moyenne en deçà de la limite réglementaire de 75%. A 57,1% mi-2012, Agricultural Bank of China fait figure de bon élève, face à Bank of China, dernier de la classe à 77,9%.
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