Les banques canadiennes poursuivent leur offensive
Royal Bank of Canada (RBC) vient de signer la plus importante acquisition de son histoire. La banque canadienne s’attend à verser un montant compris entre 3,1 et 3,8 milliards de dollars canadiens (entre 2,4 et 2,9 milliards d’euros) pour s’offrir les activités de financement automobile et de dépôt d’Ally Financial au Canada. Le chiffre définitif dépendra notamment du dividende extrait par la maison-mère avant la clôture de l’opération. Il dépassera en tout cas les 2,16 milliards de dollars versés en 2001 par RBC pour le rachat de Centura Banks.
Dans un communiqué, Ally précise qu’elle obtient 620 millions de dollars de plus que la valeur de liquidation. La société a mis en vente en mai dernier ses activités hors Etats-Unis afin de contribuer au remboursement d’un soutien public de 17,2 milliards de dollars qui a laissé le gouvernement américain avec une participation de 74%.
RBC s’attend à ce que l’activité canadienne d’Ally génère 120 millions de dollars de bénéfice net sur une base indépendante sur les douze premiers mois suivant la transaction. Mais l’impact positif sur le bénéfice par action ne devrait être que «modeste» durant cette période. Cette activité comprend du financement sur stocks pour plus de 580 concessionnaires automobiles à travers le Canada. «Les prêts auto ont montré pendant la crise qu’ils étaient un très, très bon actif. (...) C'était rentable, la qualité de crédit était meilleure qu’attendu, les rendements étaient décents, donc c’est un bon ratio risque/rendement», estime Peter Routledge, analyste pour le compte de National Bank Financial.
Alors que TD Bank Group a également étudié le dossier Ally, selon Bloomberg, la banque a annoncé vingt minutes seulement après sa rivale l’acquisition d’un portefeuille américain de cartes de crédit de 5,9 milliards de dollars auprès du distributeur Target. Les deux groupes ont également noué un partenariat de sept ans en vertu duquel TD deviendra l'émetteur exclusif des cartes de crédit des clients américains de Target. Dans un contexte de ralentissement du crédit à la consommation au Canada, les deux annonces faites hier marquent une poursuite de l’offensive des établissements canadiens après l’offre de rachat des activités canadiennes d’ING faite en août dernier par Bank of Nova Scotia.
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