Les banques britanniques boudent la nouvelle facilité de la BoE
Annoncé cet été comme une innovation majeure dans la politique monétaire de la Banque d’Angleterre, le Funding for Lending Scheme (FLS) doit encore faire ses preuves. La BoE a publié hier un premier bilan trimestriel de l’utilisation de cette nouvelle facilité, censée encourager la production de crédit des banques britanniques sur leur marché domestique ou tout du moins limiter leur volonté de contracter leur bilan.
Mais au troisième trimestre, seulement 6 des 35 banques éligibles au FLS y ont eu recours, pour un total de 4,4 milliards de livres. Dans le même temps, leur production nette de prêts aux ménages et aux entreprises a représenté à peine 500 millions de livres, pour un stock de 1.363 milliards à fin juin.
Le FLS consiste en un échange de collatéral: les banques apportent des prêts à la Banque d’Angleterre, contre des bons du Trésor qu’elles peuvent utiliser pour se refinancer à un coût proche du taux directeur de 0,5%. Le système permet à chaque établissement d’emprunter ainsi jusqu’à 5% de l’encours existant et 100% de l’accroissement du stock entre juin 2012 et fin 2013. Il couvre le solde positif entre d’une part, la production de crédits tirés, en sterling, aux ménages et entreprises non financières britanniques, et d’autre part les remboursements de prêts. Avec la règle des 5% sur l’encours, la Banque d’Angleterre estimait que les banques pourraient ainsi financer 80 milliards de livres de prêts.
«Depuis l’annonce du schéma, nous avons assisté à une diminution générale des coûts de financement sur différentes sources, et une réduction des taux de prêts sur une échelle tout aussi large. Mais il est trop tôt pour utiliser ces chiffres comme un indicateur fiable de l’impact du FLS sur les volumes de prêts», soulignait hier Paul Fischer, directeur exécutif de la BoE en charge des marchés. Une déclaration qui ne convainc par Michael Saunders, chez Citigroup. «L’utilisation du FLS est d’une faiblesse décevante», estime l’économiste.
L’utilisation du mécanisme n’a d’ailleurs pas empêché trois des six banques de réduire leur encours de prêts sur le trimestre. Ce «deleveraging» est le plus marqué chez Santander UK (-3,4 milliards pour 1 milliard emprunté au FLS), suivi par Lloyds (-2,7 milliards) et RBS (-642 millions). Au niveau macroéconomique, la croissance annuelle du crédit au secteur privé est passée de +0,2% fin juin à -0,3% en octobre, rappelle Michael Saunders.
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