Les banques américaines vont devoir justifier leur hausse en Bourse
La saison des résultats s’ouvre pour elles vendredi 15 janvier. Elles en profiteront pour relancer les rachats d’actions.
Publié le
Franck Joselin
Les rachats d’actions pourraient totaliser 10 milliards de dollars au premier trimestre pour les six plus grandes banques américaines.
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Bloomberg.
Rebond momentané ou retour en grâce durable des valeurs bancaires américaines, les marchés seront bientôt fixés. Vendredi 15 janvier, les premières grandes banques américaines, JPMorgan, Citigroup et Wells Fargo, publieront leurs résultats du quatrième trimestre 2020. Mais si le secteur a largement battu les indices généraux depuis septembre, à la faveur de la commercialisation des vaccins contre le Covid, il reste encore sujet à interrogations. D’autant que la hausse récente montre que le marché a déjà anticipé les bonnes nouvelles.
Un point devrait néanmoins soutenir les banques américaines. Les rachats d’actions pourraient totaliser 10 milliards de dollars (8,2 milliards d’euros) au premier trimestre pour les six plus grandes banques américaines (comprenant Morgan Stanley, Goldman Sachs et Bank of America en plus de celles qui publieront vendredi), selon des données compilées par le Financial Times. Pour les analystes, les banques devraient utiliser à plein la faculté de racheter leurs actions qui leur a été accordée par la Réserve fédérale au mois de décembre. Les rachats d’actions sont le premier canal de rémunération des actionnaires des banques américaines, à la différence de leurs consoeurs européennes qui préfèrent les dividendes.
D’autres facteurs de soutiens pourraient aussi se mettre en œuvre. Même si cela fait 10 ans que la valorisation des banques américaines affiche une tendance baissière, la chute s’est accentuée depuis fin 2018, lorsque les taux américains se sont remis à baisser, amputant les revenus qu’elles pouvaient encore tirer des marges d’intérêts. Or, avec l’élection de Joe Biden à la Maison-Blanche, accompagnée d’une majorité au Sénat, les anticipations d’inflation ont accéléré aux Etats-Unis. Dans le cas d’une reprise de l’activité avec quelques tensions inflationnistes, les prévisionnistes s’attendent à une pentification de la courbe des taux dans les mois à venir, et donc davantage de revenus pour les banques.
Restent des incertitudes. Une des raisons de la surperformance du secteur bancaire américain tient aux anticipations de reprise de l’économie. Mais, vendredi dernier, mauvaise surprise, le département du travail américain faisait état d’une destruction de 140.000 emplois nets en décembre, contre 336.000 créés en novembre. Les indicateurs de l’activité américaine dont certains sont aussi publiés le 15 janvier, comme les ventes au détail, la production industrielle, ou l’indice de confiance de l’Université du Michigan, auront donc leur importance.
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